"Alinéa ferme ses portes" peut-on lire sur le site internet de l’enseigne d’ameublement et de décoration, qui existait depuis 36 ans et avait vu le jour à Avignon. Le tribunal des activités économiques de Marseille a en effet prononcé sa liquidation judiciaire ce 31 mars 2026, faute de repreneur crédible. La seule offre de reprise globale provenait d’un groupe roumain, néanmoins ses représentants ne s’étaient pas présentés à l’audience début mars.
1 200 licenciements
Cette décision entraîne le licenciement de 1 200 salariés et la fermeture, depuis dimanche, des 36 magasins. Les salariés, dont le comportement "exemplaire" a été souligné par le tribunal des activités économiques, ont obtenu le financement d’un plan de sauvegarde de l’emploi doté de plus de 10 millions d’euros d’indemnités supralégales. Quant aux sept franchisés, aucun de leurs contrats n’est repris, les laissant dans l’incertitude.
L’échec d’une relance
Placée en redressement judiciaire en novembre 2025, l’enseigne, dont le siège est à Aubagne (Bouches-du-Rhône) n’en était pas à sa première procédure collective. Cinq ans plus tôt, en pleine crise du Covid, elle avait été reprise par ses propres actionnaires, perdant au passage 17 magasins et près de 1 000 salariés. Devenue filiale de Néomarché, société détenue par la famille Mulliez, elle affichait en 2024 un déficit de 47 millions d’euros pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’intégration des magasins Zodio, qui avait porté à 36 le nombre de magasins et devait permettre de franchir la taille critique indispensable à la pérennisation de son activité, ne lui avait pas permis de redresser la barre. Sa disparition actée, Alinéa laisse place à des emplacements stratégiques… Que plusieurs géants du secteur convoitent déjà.