L'Éléphant, le ministre et le marchand de sable

L'Éléphant, le ministre et le marchand de sable

Certains automobilistes s'en souviennent peut-être encore. Le 25mai dernier, un accident a paralysé l'A50 dans le sens Marseille/Aubagne. La faute à un très civique chauffeur de poids lourd qui, en voulant aimablement laisser passer le convoi du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, alors en visite dans la Cité phocéenne, s'est déporté un peu trop vite, déversant son stock de sable sur l'autoroute. Certains y verront le signe d'un étonnant déversement improductif, tandis que les plus revanchards railleront le résultat du passage tonitruant d'un authentique marchand de sable. Car au-delà de l'anecdote, la visite marseillaise du nouveau ministre n'aura pas été sans surprise. Pensez donc: alors que le conflit qui oppose les salariés du fabricant de thé et d'infusions Fralib au groupe Unilever s'enlise depuis des mois, sur fond de batailles périphériques pour le foncier, Arnaud Montebourg a annoncé ce jour-là devant toutes les caméras de France qu'il était parvenu à convaincre le géant néerlando-britannique de revenir à la table des négociations. Résultat directde ce tour de magie politique : l'évacuation programmée de l'usine occupée par ses salariés est reportée à fin juin afin de - dixit la direction - «permettre l'émergence d'une solution». Comme promis par François Hollande au moment de la campagne présidentielle, les Éléphants sont bel et bien venus au secours des infusions du même nom. Restent alors deux questions, centrales. La première: comment expliquer un tel revirement dans l'attitude d'Unilever, après plus de 600 jours de conflit? Et la seconde: au-delà de la bonne nouvelle et de l'espoir qu'elle suscite, quelles solutions concrètes pourront être trouvées afin d'assurer l'avenir industriel du site et la sauvegarde des 182 emplois qu'il génère?

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