C'est un coup dur pour le groupe Legris Industries. Sa division Keyria, spécialisée dans la conception clés en mains d'usines, a demandé fin octobre au tribunal de commerce de Paris l'ouverture d'une procédure collective, ce que ce dernier a accepté. Résultat, Keyria SAS, qui compte dans le monde une trentaine de filiales, a désormais été placée sous le régime de la sauvegarde, avec une période d'observation de quatre mois. Cette situation permet d'atteindre un double objectif: poursuivre l'activité de ses filiales qui le peuvent et placer en redressement judiciaire, comme l'a confirmé le tribunal, celles qui rencontrent le plus de difficultés. Comme Fimec et Tecauma dans l'Ouest (lire encadré) ou encore Ceric Automation (220 salariés) et Ceric Wistra (70 salariés). Keyria emploie 1.800 salariés dans le monde, dont la moitié en France. Notamment active dans la livraison d'usines de fabrication de briques et tuiles, elle est touchée de plein fouet par la crise économique, et en particulier dans le bâtiment et l'immobilier.
Annulation de 140M€ de commandes
Au dernier trimestre 2008, Keyria a ainsi enregistré une annulation de 140M€ de commandes, soit une demi-année d'activité, précise-t-on au siège de Legris Industries, à Rennes. Dans ce contexte, la division prévoyait un refinancement de 50M€, pour moitié alimentée en fonds propres par sa maison mère. Parallèlement, un plan, décidé dans le cadre du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), devait prévoir à la rentrée dernière le départ de 500 salariés. Mais voilà, en septembre dernier, la situation s'est dégradée encore plus. La procédure de sauvegarde était l'ultime solution. Au grand dam de Legris Industries. Ce dernier indique en effet avoir tout fait ces derniers mois «pour que le projet Keyria réussisse». Mais face à une telle conjoncture, et pour ne pas mettre en péril l'ensemble de l'entreprise - dont les autres activités, logistique et agroalimentaire, qui se portent bien - il s'est finalement résigné à solliciter le tribunal. Cette année, Legris Industries prévoit une perte de plus de 30M€ pour un chiffre d'affaires d'un peu moins de 400M€ (contre 564M€ à périmètre constant en 2008).
Face à l'effondrement des commandes, Keyria SAS, division du groupe Legris Industries, a été placée, à sa demande, sous le régime de la sauvegarde.