Déclaration de naissance, état civil, inscription à la crèche ou à la cantine, recensement militaire, élections, et même gestion des cimetières… On ne peut pas reprocher à l’éditeur de logiciels Arpège de ne pas accompagner le citoyen jusqu’au bout. Avec aujourd’hui 300 collaborateurs, dont environ 250 à son siège à Saint-Sébastien, près de Nantes, l’entreprise s’est fait une spécialité de répondre aux besoins numériques des collectivités. Et veille à être en harmonie constante avec les pratiques des citoyens. "Je reviens de Mayotte. Les habitants possèdent beaucoup plus un téléphone portable qu’un ordinateur. De même, à Paris, une personne peut effectuer une réservation pour une crèche dans le métro. Nos produits doivent être maintenant d’abord réfléchis pour les mobiles", lance Cécile Berthélémé, directrice générale d’Arpège en duo avec sa sœur, Sophie Berthélémé.
Les petites comme les grandes communes
Fondée en 1989 par le père des deux dirigeantes, Arpège doit sa naissance à un logiciel permettant aux officiers de gérer, numériser, ou modifier un état civil. L’entreprise a ensuite suivi les différentes vagues de la numérisation des services. "Aujourd’hui, notre chiffre d’affaires grimpe à 28 millions d’euros. La moitié est issue de notre activité autour des inscriptions et pointages au sein des crèches et de la restauration scolaire", détaille la dirigeante. D'ailleurs, l'entreprise a déjà développé quatre applications, dont deux autour de la jeunesse.
Au-delà, Arpège est aussi impliquée dans la vie démocratique : elle a accompagné 680 communes avec deux logiciels lors des dernières élections municipales. Le premier est utilisé en amont dans la gestion des listes. Le second sert lors de la soirée électorale, pour remonter les scores à la préfecture, ou encore tenir compte des résultats. Cette saisie des résultats peut aussi se faire via une application depuis 2023. "Nous suivons d’importantes communes, comme Nantes et Bordeaux, mais aussi de plus petites. Ces dernières ont besoin de plus d’accompagnement pour que les listes soient prêtes en temps et en heure", énumère Cécile Berthélémé.
15 % du chiffre d’affaires dans la R & D
Chaque année, l’entreprise revendique investir 15 % de son chiffre d’affaires dans la R & D, soit autour de 4 millions d’euros. "L’informatique évolue vite, et nous nous devons de rester à la page. De plus, lorsque nous développons par exemple une application mobile en marque blanche pour une collectivité, elle a un rôle de service public. Le produit final doit donc être adapté à tous, comme les personnes en situation de handicap par exemple", expose Cécile Berthélémé.
Au-delà des pratiques des citoyens, Arpège doit aussi veiller au défi de la cybersécurité. "La protection des données est centrale. Nous restons néanmoins discrets sur la manière de faire les choses. Il y a quelques semaines, l’ANTS (l’agence chargée des passeports et carte d’identité en France, NDLR) a elle-même été piratée. Il faut rester humble dans ce domaine", précise Cécile Berthélémé. Et pour cause, même hors des périodes électorales, toutes les collectivités sont exposées au risque de cyberattaques. En 2025, elles ont notamment représenté 11 % des victimes de rançongiciels ou ransowmare, selon l’Anssi. Un chiffre qui ne devrait pas diminuer à l’aube des élections présidentielles de 2027.