À regarder les chiffres du tableau de bord de l'économie alsacienne, la prudence est de rigueur. Le chômage touche 95.308 personnes (56.021 chômeurs dans le Bas-Rhin et 39.287 dans le Haut-Rhin) d'après les derniers chiffres de l'Insee. Une remontée du chômage qui s'explique par des industries tournant au ralenti, comme l'automobile, fer de lance de l'économie alsacienne, ou encore le secteur des biens d'équipement qui peine à trouver de nouveaux débouchés. Mais le tissu industriel varié de l'Alsace lui permet de passer la crise aussi bien que possible. Le ralentissement économique est en effet difficile, mais soutenable. En témoigne une balance commerciale qui reste excédentaire au deuxième semestre 2009, même si les échanges en volume sont beaucoup moins importants. Le décrochage des carnets de commandes n'est pas identique pour tous les secteurs. Par exemple, les industries agroalimentaires (11% des effectifs industriels) affichent encore de bonnes performances, notamment à l'exportation. Les premiers budgets établis pour 2009 montrent un recul marqué des dépenses d'investissements, avec une réduction particulièrement prononcée dans les biens intermédiaires (-25,9%) et les biens d'équipements (-13,1%), indique la Banque de France dans ses notes de conjoncture. Compte tenu des conditions d'exploitation difficiles et d'une concurrence étrangère de plus en plus vive, la rentabilité des entreprises de transport a diminué pour 42% d'entre elles en 2008 avec un léger mieux au printemps de cette année. Pour la fin de l'année, la Banque de France relève que «les prévisions traduisent toujours l'absence de certitudes sur l'évolution de la demande, ce qui explique une relative stabilité dans les prévisions de production, du moins jusqu'en fin d'année.»
La crise a marqué l'économie alsacienne qui, depuis fin 2008, navigue à vue. Quelques indicateurs soulignent toutefois une capacité de résistance et des atouts qui seront déterminants pour la reprise.
Par Jean Rouget