Le vendéen Hoffmann Green Cement Technologies veut implanter une usine en Auvergne-Rhône-Alpes
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Le vendéen Hoffmann Green Cement Technologies veut implanter une usine en Auvergne-Rhône-Alpes

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Pionnière du ciment décarboné sans clinker, la société vendéenne Hoffmann Green Cement Technologies projette d’ériger une nouvelle usine - nom de code H3 - dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Bien qu’initialement destiné à Dunkerque, ce futur pilier de sa production industrielle est porté par un investissement de 25 millions d’euros.

Julien Blanchard, président de Hoffmann Green Cement Technologies
"Nos produits reçoivent de fortes manifestations d’intérêt dans la région et au-delà dans le quart sud-est de la France"
— Photo : Hoffmann

Nom de code : H3. C’est l’identité provisoire de la 3e usine du vendéen Hoffmann Green Cement Technologies (13,60 M€ de CA ; 50 salariés), spécialiste des ciments décarbonés sans clinker, un constituant du ciment, qui résulte de la cuisson à très haute température d’un mélange composé d’environ 80 % de calcaire et de 20 % d’aluminosilicates.

Initialement prévu pour être implantée à Dunkerque, le site industriel devrait finalement se retrouver quelque part au sud du Lyon. "Nous recherchons depuis plusieurs mois dans la région, un terrain de 3 à 5 hectares pour y implanter une usine verticale de 70 mètres de haut qui devrait employer entre 15 et 25 personnes à horizon 2028", indique Julien Blanchard, directeur général. Montant de l’investissement : 25 millions d’euros financés sur fonds propres. Ce serait la première fois que la greentech sortirait de sa région d’origine, la Vendée, où il détient déjà 2 usines.

Procédés à froid vendus sous licence à des industriels

Mais alors, pourquoi cette descente vers le sud ? Première raison, la force industrielle du territoire qui promet une forte croissance pour ses produits. "Nos produits reçoivent de fortes manifestations d’intérêt dans la région et au-delà dans le quart sud-est de la France", poursuit celui qui ne craint pas de se mesurer au géant isérois Vicat (3,88 Md€ de CA en 2024, 9 900 salariés), lui aussi porteur d’une offre de ciments bas carbone. "Depuis 200 ans, on fabrique du ciment avec des procédés énergivores et polluants à base de clinker, explique-t-il. Nous avons mis au point des procédés à froid, qui utilisent des coproduits industriels comme de l’argile, des scories d’aciéries ou laitiers de hauts fourneaux. Nous n’avons pas de fours". Sa technologie est commercialisée par des contrats de licence auprès de partenaires industriels. Une présence locale pourrait accélérer les contacts…

Optimiser les flux logistiques

Deuxième raison, la possibilité de combiner un accès fluvial sur le Rhône à un accès autoroutier et en prime, une desserte ferroviaire. La région est aussi un carrefour propice au développement international de Hoffmann. Proche de la Suisse où est implanté un de ses partenaires, l’entreprise genevoise de construction Maulini, elle dispose également d’un accès vers la Méditerranée pour acheminer, via le canal de Suez, des composés issus de l’usine régionale à des sites de production en Arabie saoudite.

Doublement du chiffre d’affaires en 2024

Fondé en 2014 et basé à Bournezeau en Vendée, Hoffmann Green Cement Technologies vient d’annoncer des résultats annuels 2024 marqués par une forte croissance. Son chiffre d’affaires double pour atteindre 13,2 millions d’euros, porté par l’essor du modèle de licences à l’international, avec des contrats signés aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Irlande. Le carnet de commandes progresse de 20 % à 360 000 tonnes, tandis que la rentabilité s’améliore nettement : l’EBITDA se réduit à - 0,7 million d'euros contre - 5,2 millions d’euros en 2023. La structure financière reste solide avec des capitaux propres de 62,5 millions d’euros et une trésorerie de 16,5 millions d’euros.

35 % de son capital appartient à ses dirigeants Julien Blanchard et David Hoffmann, 15 % à des industriels vendéens (dont les familles Cougnaud et Briand) et le reste du capital, soit 50 %, est détenu en Bourse.

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