La répartition individuelle des frais de chauffage dans un immeuble collectif est devenu un enjeu économique majeur, mais aussi une obligation légale pour les syndics de copropriété, bailleurs sociaux... Dans ce domaine aussi, les objets connectés (IoT) font leur percée offrant des données fiables pour une facturation optimale. Spécialisé en audit énergétique, Eco²Wattconseil en a fait son cheval de bataille. Le bureau d'études toulousain, créé en 2008 et dirigé par Geoffrey Dapoigny, ingénieur de 33 ans, et Emile Merhi, architecte, vient de mettre au point Collectinergy : "un produit de rupture", système innovant pour piloter des installations collectives avec une finesse d'analyse nécessaire à la clé de répartition des charges de chauffage. Un début de réponse aux passoires énergétiques pour lesquelles la société fait aussi ses préconisations de travaux... Chaque radiateur est désormais connecté et communicant. Eco²Wattconseil s'engage "contractuellement à 15 à 25% d'économies d'énergie" couvrant l'investissement d'équipement.
Un antivol de calories
Cet antivol de calories permet, par exemple, d'éviter de faire profiter gratuitement de la chaleur de son logement à un voisin moins scrupuleux, qui sera de toute façon contraint par un seuil de température minimale. Chacun paiera désormais sa part, calculée au plus juste. "C'est une répartition équitable et intelligente des calories. Nous permettons de rétablir la solidarité thermique dans les immeubles", explique Arnaud Le Cam, qui vient d'ouvrir l'agence rennaise d'Eco²Wattconseil pour l'Ouest de la France. Le déploiement commercial de cet outil va s'accélérer début 2017. Pour l'instant, le cabinet de conseil a six mois de recul sur un prototype, lauréat de l'appel à projets Green Tech Verte du ministère de l'Environnement pour lequel il a reçu 150 000 euros de subvention. Une somme complétée par 500.000 euros de fonds de la part de Bpifrance dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir (PIA).
Déploiement national
En 2017, Eco²Wattconseil espère réaliser une levée de fonds de plus de six millions d'euros. Après Toulouse (10 salariés), Paris (5 sal.) et Rennes, l'entreprise compte se déployer à Lyon et Lille, portée par la loi de transition énergétique. Chacune de ses agences doit générer 300.000 euros de business dans un premier temps, basé sur deux tiers de rénovation et un tiers de programmes immobiliers neufs. A Rennes, Arnaud Le Cam recrute : un à deux ingénieurs thermiciens passionnés de digital pour 2017.