Le mardi 19 novembre 2024 restera une date clé pour Arnaud Drazek et Étienne Issartial. Les deux associés angevins ont vu leur levée de fonds de 400 000 € validée deux jours après le troisième anniversaire de la création de leur start-up Holy Bird (littéralement " oiseau saint " ou " sacré "). "C’est un processus que nous avons enclenché il y a un an et demi. Nous sommes très heureux de l’avoir enfin bouclé, mais on n’a pas vraiment pris le temps de fêter cet événement, car on travaille sur cinq projets en parallèle", confie Arnaud Drazek.
Comme souvent, l’investisseur souhaite rester anonyme. Arnaud Drazek précise seulement que ce business angel est "quelqu’un du coin". "On a discuté avec plusieurs interlocuteurs, dont des fonds d’investissement qui nous ont dit qu’ils étaient prêts à nous revoir dans dix à vingt-quatre mois. En attendant, nous sommes fiers d’avoir réussi à en convaincre un dès maintenant ; cela valide le fait que l’on est sur la bonne voie. C’est une étape importante dans notre développement, mais tout reste à faire !"
300 000 € de chiffre d’affaires en 2024
Le petit studio angevin est en croissance constante depuis son lancement. Il devrait afficher, à la fin de l’année, un chiffre d’affaires d’environ 300 000 € (contre 200 000 € en 2023). "On est à 80 % un studio d’animation et 20 % une agence de communication. On se complète bien avec Étienne, qui est dessinateur. On s’est rencontrés ici, à WeForge, un espace de coworking situé au cœur d’Angers, il y a huit ans. Comme on est nous-mêmes entrepreneurs, on a cette capacité à comprendre les enjeux de nos clients."
Des clients qui cherchent de l’innovation
Parmi les clients de la start-up figurent des collectivités et des entreprises locales renommées en quête d’une communication innovante : le fabricant de liqueurs et sirops Giffard, le laboratoire pharmaceutique MSD Santé Animale (dont le siège est à Beaucouzé), la start-up de transformation des déchets en pierre Neolithe, basée à Chalonnes-sur-Loire, mais également Toodays.me, une application permettant de conserver et transmettre ses souvenirs. Le point fort des deux Angevins ? "Le film d’animation. Il nous permet de raconter des histoires, d’être dans un marketing émotionnel. On s’inspire de styles très divers. L’intelligence artificielle est un outil qu’on utilise beaucoup dans l’écriture de scénarios et la production d’images."
Un savoir-faire angevin depuis 1976
Cette levée de fonds va permettre à Holy Bird de prendre un nouvel envol, en finançant des recrutements et le développement de la partie B2B de l’activité. "On a quatre salariés et on va recruter, dans les prochaines semaines, deux nouveaux profils : un chargé de production et un directeur conseil, pour nous aider dans nos échanges avec nos clients et nos prospects. Nous travaillons ponctuellement avec des intermittents. Mais on a la volonté d’innover, à la fois sur nos méthodes de travail et nos outils, et pour cela, on a besoin d’une équipe sur la durée. On espère aussi pouvoir réduire notre temps de production."
Sur leur secteur, la publicité vidéo sur Internet est un marché porteur : selon Statista, les investissements en France dépassaient les 2 milliards d’euros en 2022 et devraient approcher les 3,5 milliards d’ici 2027.
Dans leur quête de nouveaux débouchés en France et en Europe, Arnaud Drazek et Étienne Issartial misent sur le savoir-faire angevin. "Le film d’animation français est reconnu comme numéro un dans le monde, et une grande partie de la filière est installée à Angoulême et dans le Nord. Mais le tout premier studio d’animation français a été créé à Angers, en 1976, par René Laloux (réalisateur de La Planète Sauvage, premier film d’animation primé à Cannes). Près de 50 ans plus tard, nous sommes assez fiers de continuer à faire vivre cette histoire ici."