À ce jour, les entreprises françaises disposent outre-Manche de près de 2 000 filiales pour 330 000 salariés, avec comme chef de file des grands noms comme EDF, Axa, l'Oréal ou Veolia. Cependant, le Royaume cherche aujourd'hui à attirer de plus petits poissons, mais qui affichent un fort potentiel de croissance. Ainsi, du côté de UKTI, l'agence de développement économique britannique, on ne cache pas un gros faible pour les start-ups positionnées sur les nouvelles technologies, depuis les biotechs jusqu'aux semi-conducteurs en passant par l'information et la communication. « Le pays cible particulièrement les entreprises innovantes. Cela nous amène à accompagner de petites structures, mais qui peuvent se révéler créatrices de dizaines d'emplois fortement qualifiés très intéressants pour le tissu économique », appuie Hervé Grella, directeur marketing de l'antenne française de UKTI.
Soutien aux programmes de R & D
Fait intéressant: même si la croissance britannique a été perturbée avec la crise - elle a tout de même progressé de 1,3% et de 0,4% en juin et juillet - la taille du marché britannique offre d'importants effets de volume pour les sociétés technologiques. « La taille du marché des IT en Grande-Bretagne est deux fois et demi plus grande qu'en France. De plus, la plupart des compétiteurs étant présents sur ce marché, nous ne pouvions nous en tenir éloignés », témoigne ainsi Béchéra Wakim, le P-dg d'Everteam, une entreprise lyonnaise spécialisée dans les solutions de gestion de contenus, qui dispose depuis 2008 d'une filiale à Belfast. Pour séduire les start-ups, le Royaume-Uni ne mise pas que sur l'effet de taille. Proposée en 2007, une loi fiscale prévoit ainsi des taux de dégrèvement intéressants (entre 150 et 175% pour les structures de moins de 500 personnes) aux entreprises s'impliquant dans des projets de recherche. Un autre levier d'importance est une enveloppe annuelle de 600 millions de livres apportées à la stimulation des projets de R & D. En implantant un centre de recherche de 60 personnes au Pays de Galles (il pourrait compter jusqu'à 200 collaborateurs de plus à l'avenir), la société Sword a ainsi bénéficié d'une subvention de 3,6 millions d'euros en provenance des instances locales. « Cela représente une économie de 30% sur les salaires de nos effectifs des deux prochaines années », explique Heath Davies, directeur des opérations au Royaume-Uni de Sword, qui a donc préféré installer son centre en Europe plutôt qu'en Inde, où le fort turnover du personnel local était de plus redouté.
Marché tremplin
Enfin, dernier argument apporté par UKTI: le rôle de tremplin que jouerait la Grande-Bretagne pour un essor plus important à l'international. « Le Royaume-Uni permet de tester ses produits et ses modèles économiques sur des marchés de type anglo-saxon. Nous remarquons qu'une entreprise qui se développe sur le marché britannique en vient vite à imaginer une incursion aux États-Unis. De plus, les relations très fortes que le pays entretient avec l'Inde (Ndlr: troisième investisseur étranger en Grande-Bretagne) permettent aussi d'appuyer un développement sur ce marché à fort potentiel », conclut Hervé Grella.