Le puits sans fond de la crise

Le puits sans fond de la crise

La sortie de crise annoncée et attendue en 2012 n'aura pas eu lieu. Pas pour tout le monde, en tout cas. Les échéances électorales n'auront finalement eu que très peu d'impact sur une économie largement globalisée qui ne vit pas au rythme de la politique hexagonale. La situation est assez grave et durable pour que certains doutent que le terme même de crise suffise à caractériser les événements qui agitent l'économie mondiale. Le changement de paradigme est profond alors que beaucoup s'interrogent encore sur l'attitude à tenir : faire le dos rond en attendant des jours meilleurs ou engager sa propre révolution ? Pour beaucoup d'entreprises haut-normandes, la question, malheureusement, ne se pose plus. Les défaillances enregistrées par Altares en 2012 ont touché 1.367 d'entre elles, un chiffre -record- en augmentation de +2,6 % sur un an qui en dit long sur le marasme régional. Surtout qu'au-delà des micro-entreprises, structurellement fragiles, les PME de 10 salariés et plus payent un lourd tribut : 130 ont déposé le bilan l'an dernier ; c'est 27 % de plus qu'en 2011 ! Le plus inquiétant, c'est que celles qui avaient résisté aux premiers frimas de l'ère post-2008 ont cette fois-ci rendu les armes : près de 400 entreprises âgées de 6 à 15 ans et 245 de plus de 15 ans (+23 %) ont déposé le bilan en 2012. À titre d'exemple, dans l'industrie manufacturière le bond atteint +14 % sur un an après une baisse très significative en 2011 (-16 %), même si le commerce et la construction concentrent la moitié des défaillances : +8 % dans la vente de véhicules et +45 % dans l'immobilier !



Guillaume Ducable @email

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