Le président du Medef Patrick Martin appelle de ses vœux un projet mobilisateur et crédible
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Le président du Medef Patrick Martin appelle de ses vœux un projet mobilisateur et crédible

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Le Medef tient son université d’été les 27 et 28 août au stade Roland Garros à Paris, en pleine crise politique. En ouverture, son président Patrick Martin a réaffirmé la volonté du mouvement patronal de peser de tout son poids dans le débat politique. Le Premier ministre François Bayrou interviendra ce jeudi après-midi à la Rencontre des entrepreneurs de France.

À cause de la crise politique française, "les entreprises sont dans une situation d’insécurité permanente", assure Patrick Martin, président du Medef — Photo : DR

Prémonitoire. Le Medef qui a délocalisé cette année son université d’été parisienne de l’hippodrome de Longchamps au stade Roland-Garros, avait choisi pour slogan "jeu décisif, l’heure des choix". Affichée sur l’écran géant du court central Philippe Chatrier, la formule apparaissait ce mercredi 27 août après-midi, on ne peut plus de circonstance. La grand-messe du mouvement patronal intervient en effet en pleine crise politique après que le Premier ministre François Bayrou – qui interviendra ce jeudi après midi à la REF (Rencontre des entrepreneurs de France) – a annoncé sa volonté de demander un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.

Une situation d’insécurité permanente

L’occasion pour Patrick Martin, président du Medef qui prenait la parole en ouverture de l’évènement, de rappeler que son mouvement avait la ferme intention de peser dans le débat politique. Filant la métaphore sportive – Roland-Garros oblige – le patron des patrons a rappelé que les entrepreneurs étaient des compétiteurs qui se posent de graves questions en abordant le jeu décisif d’un match face à l’urgence des défis à relever.

"Les entreprises sont dans une situation d’insécurité permanente", a souligné Patrick Martin en reconnaissant toutefois qu’un début de prise de conscience collective s’est amorcé sur la rudesse de la compétition internationale ou sur l’état de nos finances publiques. "Le Premier ministre s’y emploie avec gravité et il a raison", a tenu à souligner le président du Medef, mais "un diagnostic n’est que le début du processus de guérison or les premières réactions politiques aux déclarations du Premier ministre surajoutent à notre inquiétude".

Prévenir le pire

Stigmatisant un pays à court d’élan qui manque d’envies collectives, Patrick Martin a appelé de ses vœux "un projet mobilisateur et crédible" auquel le Medef entend prendre toute sa part. "Il faudra compter avec nous" pour mobiliser tout le camp patronal et prévenir le pire, affirme-t-il, en mettant en garde contre un retour de l’ISF (impôt sur la fortune) qui serait "ravageur pour notre économie".

La compétitivité, un impératif

Le président du Medef a égrené ensuite, comme l’année passée, les différentes lignes de forces du militantisme patronal : compétitivité des entreprises dans un contexte concurrentiel qui se durcit y compris en Europe ; ras-le-bol du matraquage fiscal ; nécessité du dialogue social qui apporte la stabilité ; nécessité de travailler plus, allègements sociaux et revendications réaffirmées de la suppression de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) quand la confiance dans la parole de l’État fait aujourd’hui défaut ; urgence à réduire la dépense publique et refus de voir les impôts augmenter, simplification administrative accrue.

Mobilisation en faveur de la jeunesse

Au passage, Patrick Martin en a profité pour tacler l’Union européenne - "l’Europe que nous voyons n’est pas l’Europe que nous voulons" — en jugeant qu’elle n’avait pas tenu son rang face aux États-Unis dans la négociation sur les droits de douane, ou face à la Chine.

Appelant enfin à une grande mobilisation en faveur de la jeunesse pour réduire de moitié en cinq ans son taux de chômage, Patrick Martin a conclu cette mise en marche de la REF "catalyseur d’énergies" en citant la maxime de l’aviateur Roland-Garros inscrite au fronton de la tribune du court central : "la victoire appartient au plus opiniâtre". Et "opiniâtres, nous le sommes" a confirmé le président du Medef.

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