Coup de colère des éleveurs de porcs bretons qui estiment que les discussions actuellement menées dans le cadre des États généraux de l’alimentation ne vont pas assez loin. En cause notamment : l’engagement relatif de la distribution et de salaison dans la valorisation du « né, élevé, abattu et transformé en France ». « Les belles déclarations communicantes de ces derniers jours cachent mal la réalité de leurs pratiques dévastatrices pour les éleveurs » précise Philippe Bizien, président du comité régional porcin.
La filière pointe notamment un contexte inquiétant avec une conjoncture qui évolue dans une spirale baissière depuis fin avril. Cette chute du cours intervient dans un contexte de baisse globale de la consommation de viande en France (-2 % au premier semestre 2017) de diminution des exportations de l’Europe vers la Chine (- 32 % sur les sept premiers mois en 2017) et sur une concurrence accrue des Etats-Unis devenus plus compétitifs.
Le « machiavélisme » de la GMS
Pour le CRP, « la grande distribution et les grandes marques de la salaison mettent à leur profit, de façon machiavélique ce contexte national et international en provoquant, dans le même temps, la confusion sur l’origine des viandes et des produits transformés mis en rayon ».
En ligne de mire, l’accroissement continu des importations françaises de produits transformés, notamment en provenance d’Espagne. « De 1.400 tonnes par mois au début des années 2010, elles atteignent 1.400 tonnes par mois en 2017. Ces pratiques accélèrent et amplifient la chute des cours en France ».