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Le photovoltaïque poursuit sa marche en avant
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Le photovoltaïque poursuit sa marche en avant

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La capacité de production d’énergie photovoltaïque progresse à un rythme soutenu depuis 4 ans. Et devrait croître encore fortement pour atteindre les objectifs du gouvernement, visant à passer de 22 gigawatts (GW) de puissance installée actuellement jusqu’à 75 GW à 100 GW à l’horizon 2035. Des freins à la croissance du marché subsistent toutefois.

La France nourrit l'ambitieux projet de passer d'un parc photovoltaïque d'environ 22 MW de puissance installée aujourd'hui... à 75 voire 100 GW d'ici 2035 — Photo : AdobeStock

La France continue d’étoffer son parc solaire photovoltaïque. Selon les derniers chiffres, la puissance totale installée en France avait atteint 22,2 gigawatts (GW) mi-2024. Soit le double comparé à fin 2020. "Entre 4 et 5 GW devraient encore venir s’ajouter au parc français en cette fin 2024", estime Richard Loyen, délégué général du syndicat patronal de l’énergie solaire Enerplan. Une tendance à la hausse qui devrait se poursuivre, si l’on en croit les objectifs du gouvernement. Le projet de stratégie française sur l’énergie et le climat vise en effet à atteindre 75 à 100 GW de puissance photovoltaïque dès 2035, pour faire face à l’augmentation des besoins en électricité décarbonée.

Trois grands marchés

Des chiffres à affiner car ces derniers recouvrent "trois marchés différents", comme l’explique Xavier Daval, vice-président du syndicat des énergies renouvelables. À savoir, le marché des particuliers d’un côté, celui des énergéticiens qui déploient de grandes centrales au sol de l’autre. Avec, entre les deux, un marché intermédiaire comprenant les installations des PME, ETI ou encore des collectivités qui s’équipent auprès d’acteurs locaux. En fort développement, ce dernier marché tire la filière, puisqu’il avait déjà atteint courant 2024 le total de puissance installé en 2023. Alors que le marché des particuliers évolue au même rythme que l’an dernier et que celui des grandes centrales recule.

Un marché français assez "chaotique"

Des chiffres à détailler… Et à relativiser également. "D’un point de vue européen, on ne fait que rattraper une partie de notre retard vis-à-vis de nos voisins belges, néerlandais, allemands ou espagnols, rappelle ainsi Richard Loyen. Par ailleurs, il faut aussi s’assurer que cet essor soit pérenne". Comprendre : augmenter en moyenne a minima de 5 et 7 gigawatts par an le parc existant, pour atteindre les objectifs nationaux.

Car la situation hexagonale reste assez atypique. "Je qualifierais le marché français de chaotique. Il n’a rien d’un long fleuve tranquille. Son histoire est faite d’à-coups et d’incertitudes", regrette Xavier Daval. Un exemple ? "Le législateur a instauré il y a une dizaine d’années un régime d’appels d’offres pluri-annuel pour l’État, pour passer les commandes de centrales au sol, en toiture… En exagérant un tout petit peu, je ne crois pas qu’il y ait eu deux sessions d’appels d’offres avec le même cahier des charges", cite en exemple Xavier Daval.

"Il y a une simplification administrative à faire à tous les étages", prolonge Richard Loyen. Les deux experts soulignent notamment la lenteur actuelle des projets de centrales au sol, comparés à ce qui se fait en Allemagne notamment.

Adapter le réseau pour augmenter la cadence

Autre problématique : l’expansion du réseau et le raccordement. "Il faudrait créer de la capacité un peu plus rapidement, de manière à pouvoir raccorder davantage de projets, détaille Xavier Daval. Car on est à la fois freiné administrativement et électriquement parlant aujourd’hui. Tout cela fait qu’on ne progresse pas sur le marché des centrales au sol…"

Reste en outre à assurer la montée en compétences de la filière. "Il nous faut plus d’installateurs et d’installateurs compétents, d’architectes qualifiés sur ce sujet", rappelle par ailleurs Richard Loyen.

Porté par les nouvelles normes du bâtiment

Inversement, le marché devrait surfer sur la législation française. Celle-ci oblige ainsi d’intégrer un système de production d’énergie renouvelable ou de végétaliser des surfaces pour la construction de nouveaux bâtiments à usage commercial, artisanal, industriel ou des entrepôts de plus de 500 m² au sol. Et pour les bureaux de plus de 1 000 m² au sol. En équipant 30 % de la toiture du bâtiment, pourcentage qui sera porté à 40 % en 2026, et à 50 % en 2027.

Une mesure qui vaut pour les extensions et rénovations lourdes également. La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments devrait elle aussi doper le recours à l’énergie photovoltaïque. "Si cela est techniquement et économiquement possible, les États membres devront progressivement équiper d’installations solaires les bâtiments publics et non résidentiels, en fonction de leur taille, et tous les nouveaux bâtiments résidentiels d’ici 2030", précise le texte.

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