Avec près de 30 000 chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi au 1er semestre 2024, ce résultat se rapproche des niveaux records atteints en France il y a une dizaine d’années selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié par l’association GSC et le groupe Altares. Des chiffres issus de l’analyse des entreprises placées directement en liquidation judiciaire par le Tribunal de commerce ou judiciaire. Par rapport à 2023, le nombre de pertes d’emploi est en hausse de 18,4 % et les dirigeants des petites structures et d’entreprises de la construction sont particulièrement fragilisés.
Les petites entreprises touchées
La tendance à la hausse concerne toutes les classes d’âge mais surtout les entrepreneurs de 41 à 50 ans qui constituent 28,6 % des dirigeants ayant perdu leur emploi, soit une hausse de 19,7 % par rapport à 2023.
Les patrons de petites entreprises de moins de 5 salariés sont aussi les plus concernés puisqu’ils représentent 9 pertes d’emploi sur 10. Les autres catégories d’entreprises font cependant face à une augmentation : + 40,2 % pour les entreprises de 6 à 9 salariés et + 31,1 % pour les PME de 10 à 19 salariés. Les dirigeants à la tête de structures réalisant moins de 500 000 euros de chiffre d’affaires représentent 76,5 % des effectifs touchés.
Le secteur du bâtiment en tête
En lien avec la crise du bâtiment et de l’immobilier, les dirigeants de ces secteurs représentent 34,2 % des pertes d’emploi. Les travaux de maçonnerie, les agences immobilières, la construction de maisons individuelles et les travaux de peinture et de vitrerie sont particulièrement concernés.
"La crise immobilière a dangereusement affecté l’ensemble de la filière construction, tandis que le transport de marchandises montre des signes de dégradation. Aucun territoire n’échappe à cette tendance et les acteurs de petite et moyenne taille restent vulnérables, sans espoir d’amélioration significative d’ici la fin de l’année", commente Anthony Streicher, président de l’association GSC.
Des hausses supérieures à la moyenne nationale dans 3 régions
L’Île-de-France est particulièrement concernée et représente près du quart des pertes d’emploi avec 7 215 chefs d’entreprise en situation de chômage (+ 32 %), suivie de la région Auvergne Rhône-Alpes avec 3 454 dirigeants concernés (+ 19 %). Autre région à atteindre un niveau supérieur à la moyenne nationale : la Normandie, avec 1 155 dirigeants concernés (+ 24,7 %).
Dans le Grand Est, 2 034 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi (+ 18,3 %) et 2 887 en région Sud (+ 16,7 %). Les plus faibles hausses sont enregistrées en Nouvelle-Aquitaine (+ 9,5 %) et dans les Hauts-de-France (+ 6,6 %).