Emmanuel Germain, le dirigeant d’Hydraumatec (25 salariés et 5 M€ de CA), la PME spécialisée dans le bloc foré pour le secteur de l’hydraulique, passe le relais à la tête de sa société. Implantée à Ploërmel, à l’est du Morbihan, l’entreprise rejoint le groupe familial normand Hydequip (95 salariés et 18 M€ de CA), basé à Bayeux (Calvados).
Première croissance externe pour Hydequip
Cette acquisition est une vraie complémentarité de compétences pour Hydequip. "Notre métier est d’accompagner les constructeurs de machines mobiles à développer leurs systèmes électro-hydrauliques", expliquent Thomas et Julien Diere, dirigeants de l’entreprise créée en 1990 par leur père. Leurs clients sont issus du secteur de la manutention, du domaine forestier, de l'accotement routier et de la voirie, du déneigement, du ferroviaire, de l’aéroportuaire, de l’armement, de la plaisance de la marine, de la plaisance, etc.
"Jusqu’alors nous avons fait de la croissance organique. C’est intéressant de développer en interne mais c’est aussi plus long. Nous avions donc en tête de faire de la croissance externe, qui a un impact immédiat sur l’activité, avec quelques postulats : l’idée était d’avoir la même cible de clients mais le moins possible en commun." Les deux frères s’attachent aussi à ce que cette entreprise soit rentable, avec une bonne image de marque et dans un métier complémentaire. La notion de proximité géographique est aussi importante.
Des synergies d’offres
Leur démarche coïncide avec celle d’Emmanuel Germain, le PDG qui cherche à transmettre. Outre le fait que les trois hommes se connaissent, c’est surtout le projet et l’ADN familial d’Hydequip qui ont fait la différence. "J’ai eu différentes opportunités mais j’avais à cœur de garder l’âme de l’entreprise avec une PME familiale. Hydequip élargit le champ d’action d’Hydraumatec qui est centrée sur le bloc hydraulique et inversement. C’est du gagnant-gagnant", résume Emmanuel Germain.
Concrètement, les deux entités vont rester indépendantes. " Il n’y a aucun service supprimé ou mutualisé. Tous les emplois demeurent. C’était d’ailleurs une des conditions que nous avions posées pour faire de la croissance externe. Ces deux entreprises sont deux portes d’entrée différentes chez les clients", souligne Julien Diere.
Côté management, Julien et Thomas Diere seront présents chaque semaine à tour de rôle. "Cela permet d’être bien présents et de compléter, au besoin, avec les moyens de communication actuels. Notre volonté est de bien comprendre le fonctionnement et de participer au développement.". Tout cela passera aussi par un renforcement de la communication externe et par des réflexions sur les sites internet, les chartes graphiques, etc.
Sur un volet plus stratégique, cette opération de croissance externe va aussi se traduire par des synergies métiers. "Notre objectif est d’associer pour un même produit, le bloc foré que sait faire Hydraumatec avec des éléments d’un de nos partenaires ainsi qu’avec l’électronique réalisé par Hydequip. Cela permet de proposer des offres qui n’existent pas dans les catalogues. Nous sommes dans le sur-mesure ", précise Julien Diere.
Extension en vue à Bayeux
S’il n’y a pas d’investissements prévus pour l’heure chez Hydraumatec en raison d’investissements récents dans le parc machines, le duo de dirigeants porte de nouveaux projets sur son site de Bayeux. "Nous passons le cap du rachat d’Hydraumatec et nous allons nous remettre dans le dossier de notre extension de bâtiment", avance Thomas Diere. Pour cela, ils ont fait l’acquisition de 4 500 m2 de terrain.
Les frères Diere planchent sur l’intégration de nouveaux métiers, liés au sur-mesure et à la personnalisation, sur le site de Bayeux. Hydequip se distingue sur son expertise en étant à la fois développeur et fabricant de produits. "Nous sommes peu d’acteurs à fabriquer sur un même site des calculateurs ou des écrans tactiles en même temps que l"on développe le schéma hydraulique d’un engin mobile."
Fort aujourd’hui de 120 salariés et d’un chiffre d’affaires cumulé de 23 millions d’euros, les deux entités permettent d’atteindre une taille critique. "En fait, nous parlons surtout de métiers. À Bayeux, chez Hydequip, c’est presque 20 petites structures car nous avons des savoir-faire très différents avec des parcs machines dédiés", évoque Thomas Diere.
Souhaitant donner du temps au temps pour grandir, les frères Diere espèrent atteindre les 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2030.