« En 2008, je rachète, sous le nom de NP Menuiseries, l'entreprise Rastel située à Saint-Viaud et spécialisée dans des niches du marché de la menuiserie. La société emploie sept salariés et réalise 800.000 euros de chiffre d'affaires. La reprise se passe bien. En 2012, du fait de la croissance de l'entreprise et du report d'un marché public que nous avions remporté, nous avons besoin de donner un peu d'air à notre trésorerie. Je m'adresse donc à mon banquier pour lui demander de rallonger de 24 mois la durée du prêt, initialement fixée à sept ans. Cette possibilité était prévue dans les clauses du contrat. Pour des raisons inexplicables, mes demandes, écrites comme orales, n'aboutissent pas. Mon banquier me répond d'abord que je n'ai pas besoin d'allonger la durée du prêt, puis qu'il est disposé à le faire mais plus tard. Cette situation se prolonge pendant un an. Il n'y a pas vraiment de conflit avec la banque mais un blocage complet.
David contre Goliath
C'est compliqué de discuter avec une banque quand on est une petite entreprise. J'ai l'impression d'être David contre Goliath. J'éprouve un sentiment d'impuissance totale. La boîte marche bien. Mais, comme toute société en phase de reprise, elle est vulnérable. Elle ne dispose pas de beaucoup de fonds propres, ni de trésorerie. Voyant que les choses n'évoluent pas, je me dis que je vais mettre en péril la pérennité de l'entreprise si je ne trouve pas rapidement une solution. Des chefs d'entreprise de Réseau Entreprendre et du Centre des jeunes dirigeants, deux réseaux dont je suis membre, me conseillent d'aller frapper à la porte du CIP (centre d'information sur la prévention des difficultés des entreprises). Cette structure me recommande de saisir le médiateur du crédit. Et là, c'est magique. La médiation du crédit est, en effet, d'une redoutable efficacité en termes de délais.
Efficacité et réactivité
Le vendredi après-midi, je remplis un dossier sur le site du médiateur du crédit. Compléter le formulaire me fait d'ailleurs prendre conscience de la nécessité de la démarche. Sur le site, il est indiqué que le médiateur départemental du crédit s'engage à recontacter l'entreprise sous 48 heures. Effectivement, le lundi, la médiatrice du crédit me rappelle et confirme que mon dossier est éligible au dispositif. Le mardi, le dossier est débloqué à la banque. La médiatrice va même plus loin. Elle obtient un prêt complémentaire qui compense, en partie, la non mise en place de l'allongement du crédit pendant un an. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'avec la médiation du crédit, on change de niveau de discussion. Le médiateur du crédit s'adresse au médiateur de la banque et non plus au responsable de l'agence du coin ou à un lointain comité d'engagement. Aujourd'hui, l'entreprise va bien. Elle développe de nouvelles compétences dans l'accessibilité des bâtiments et les aménagements d'espaces extérieurs. Même s'il faut rester vigilant étant donné la conjoncture dans le bâtiment, le carnet de commandes est bon. Je recommande vraiment aux chefs d'entreprise qui connaissent ce genre de difficultés de ne pas hésiter à saisir le médiateur du crédit. En plus, c'est gratuit ! »
NP Menuiseries (Saint-Viaud)
Gérant : Nicolas Planchenault
7 salariés ; 800.000 euros de CA. Tél. : 02 40 27 62 25