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Le Medef Mayenne impatient que les dirigeants retrouvent de la confiance après le flou politique
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Le Medef Mayenne impatient que les dirigeants retrouvent de la confiance après le flou politique

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En Mayenne, l’impatience des patrons commence à se faire sentir. Les responsables du Medef espèrent qu’un nouveau gouvernement permettra de remettre de l’huile dans les rouages. Défaillances d’entreprises et délais de paiement des factures augmentent.

Bruno Lucas, président du Medef en Mayenne : "Beaucoup d’investissements sont gelés" — Photo : Frédéric Gérard

Les représentants du Medef de Mayenne restent d’un naturel optimiste, mais se montrent néanmoins pressés de voir le flou se dissiper. Car chez beaucoup de patrons déjà, "le moral est en berne". En cause : "Le manque de visibilité lié au contexte économique mondial et européen, et à la période d’attente politique en France. Nous espérons que l’arrivée d’un nouveau gouvernement permette de redonner un cadre", commente le président du syndicat patronal Bruno Lucas.

"Actuellement, il n’y a pas de cadre pour se projeter"

Tout n’est pas noir non plus. "Les taux d’intérêt sont revenus autour de 3 – 3,5 %. L’inflation est redescendue à 2 %. C’est de bon augure pour investir", estime Bruno Lucas. Mais "le problème, c’est la confiance. Actuellement, il n’y a pas de cadre pour se projeter", poursuit-il. Nombre de dirigeants sont en conséquence dans une position d’attente. "Beaucoup d’investissements sont gelés", constate Bruno Lucas.

L’exemple de la production d’énergie

Illustration sur le marché de la production d’énergie. "Des projets rentables quand on sait quel sera le prix de rachat de l’électricité une fois l’installation branchée… Le problème, c’est que pour le moment, on ne sait rien. Donc on ne sait pas sur quelle surface de panneaux photovoltaïques investir. La rentabilité des installations aura mécaniquement une incidence sur les chantiers réalisés par les entreprises locales, qui réalisent les installations, les chappes de béton, etc.", explique Antonio Marques da Costa, vice-président de l’organisation patronale mayennaise.

Quatre fois plus de défaillances

Le "moral en berne" de certains dirigeants s’explique aussi par la hausse du nombre de défaillances d’entreprises. "Agences et promoteurs immobiliers, entreprises de BTP en particulier celles spécialisées dans le pavillonnaire, commerçants sont les premiers concernés. Ce sont pour l’instant beaucoup de TPE, une quarantaine par trimestre. Depuis le Covid, nous étions à moins d’une dizaine. C’était lié aussi à un système d’aides du PGE (plan de garantie de l’État)", poursuit Bruno Lucas.

Le verdict en 2025

Ces prêts bonifiés et avances remboursables ont permis de maintenir une trésorerie suffisante dans les entreprises pénalisées par un contexte économique inédit. "En 2025, nous verrons si les problèmes sont structurels par rapport aux entreprises qui resteront fragiles sans ces aides", anticipe le président de l’organisation patronale. "On observe déjà une hausse des délais de paiement entre entreprises, ce qui a l’effet d’accentuer les problèmes financiers d’entreprises en aggravant la situation de leur trésorerie."

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