Le marché de la transmission déjà à l'heure de l'après-crise

Le marché de la transmission déjà à l'heure de l'après-crise

Une crise qui aurait eu certain





La crise est passée par là. Après les années folles de 2006 et de 2007, le marché de la transmission d'entreprise a connu un brusque arrêt avant de redémarrer à l'automne dernier.

es vertus. Au point mort ou presque durant une bonne partie de l'année 2009, le marché de la transmission d'entreprise donne depuis quelques mois déjà des signes de reprise. «En 2009, nous avions accompagné seulement une trentaine de dossiers contre 50 l'année précédente. Là, depuis le début de l'année, nous en sommes déjà à 27. Après un an de vaches maigres, on peut parler d'un phénomène de rattrapage, avec en particulier des cadres de grands groupes qui profitent d'une restructuration pour se lancer dans la reprise d'entreprise», explique Jean-Marc Tariant, président du cabinet Finance et Stratégie, spécialiste de l'ingénierie financière et de la reprise d'entreprise.




Marché plus lisible

La crise a considérablement changé la donne en matière de transmission d'entreprises, contribuant notamment à assainir ce marché. «La rentabilité des entreprises a été impactée par la crise. Du coup le point de jonction entre cédants et repreneurs est plus difficile à trouver avec des négociations parfois longues sur les niveaux de valorisation. Cependant, une des vertus de la crise est d'avoir rendu le marché de la transmission d'entreprises beaucoup plus lisible. Les entreprises qui ont su rester profitables malgré la crise sont encore plus recherchées qu'auparavant, car elles présentent des gages de sécurité et cela a forcément un prix. À l'inverse, les entreprises qui ont davantage souffert de la conjoncture sont moins attrayantes», note Pascal Guezellot, fondateur du cabinet breton Richemont, spécialiste du rapprochement et de la transmission d'entreprises.




Les cédants conservent la main

Si la crise est passée par là, il n'en reste pas moins vrai que ce sont les cédants qui ont encore les cartes en main. Les repreneurs sont en effet plus nombreux que les vendeurs sur le marché de la transmission d'entreprises. «Ce sont les vendeurs qui fixent les prix car la demande est forte. Maintenant, certains le font de manière déraisonnable avec des exigences financières qui ne correspondent pas au marché», indique Jean-Marc Tariant. Mais là encore, la tendance est à un assainissement du marché. «Après les folles années de 2006-2007, on revient à des niveaux de valorisation plus orthodoxes. Le prix d'acquisition doit être finançable et le niveau de dette senior doit être compatible avec le rendement de l'entreprise. Aujourd'hui, les acquéreurs sont donc beaucoup plus vigilants sur le retour sur investissement de leur opération qui doit être de plus en plus court», analyse Jean-Baptiste Bouyer, spécialiste fusion-acquisition chez PWC.