Le Journal des Entreprises : Considérez-vous l'essor de Bordeaux comme une menace ou une opportunité pour Libourne?
Philippe Buisson : Mon action est menée avec Alain Juppé. Notre intérêt réciproque est de travailler ensemble. Je souhaite créer un lien de convergence entre la Cali et Bordeaux Métropole. Libourne se structure dans le dialogue avec les outils métropolitains: A'Urba, BGI (Bordeaux Gironde Investissement, NDLR), Euratlantique... Notre chance, c'est l'attractivité bordelaise. Le 23 mars, se tiendra le premier séminaire entre la Cali et Bordeaux Métropole. Deux thèmes seront principalement abordés: le développement économique et la mobilité.
Quelles actions pourraient être mises en place ?
P.B. : Je proposerai une initiative pour la construction de barreaux autoroutiers pour contourner Bordeaux par l'Est. Je suis prêt à financer l'étude qui permettra de réactiver ce projet. Le chantier pourrait voir le jour en plusieurs phases, la liaison entre l'A10 et l'A89 étant sans doute la plus urgente. Le séminaire abordera également le sujet de la gouvernance alimentaire. La métropole bordelaise n'est pas assez auto-suffisante et le Libournais, qui produit notamment du lait et des tomates, peut être un atout. Enfin, nous évoquerons le dossier du tourisme. Nous disposons de deux pontons et ici comme à Bordeaux le tourisme fluvial a de belles perspectives. Ce séminaire doit aussi être l'occasion de montrer que nous voulons nous développer en complémentarité de nos voisins et pas en opposition. Ce territoire a trop longtemps souffert de guerres picrocholines.
Cette guerre n'existe pas avec la Communauté de communes du Grand Saint-Emilionnais ?
P.B. : Il serait pertinent de fusionner nos deux collectivités. Bernard Lauret, le maire de Saint-Emilion, était favorable à ce projet, il a changé d'avis. Mais je suis convaincu que ce rapprochement finira par s'imposer.