Pour une entreprise française, la question n'est plus "Faut-il ou non y aller?" mais "Quand?". Face à une croissance hexagonale atone, et un marché de l'Union guère plus reluisant, exporter ses produits ou services plus loin que l'UE devient vital. Pour soi bien sûr - afin d'assurer la pérennité de son activité et de ses emplois. Pour son pays aussi, dont la balance commerciale déficitaire lui colle autant à la peau que le sparadrap du capitaine Haddock. Mais mettre son entreprise en mouvement en vue d'un développement à l'export ne se décide pas du jour au lendemain. En particulier en France, tant l'international paraît contre-nature. Propension chronique à se regarder le nombril, déficit d'apprentissage de la langue de Shakespeare, peur naturelle de l'autre. Et pourtant, n'est-ce pas la France qui a su exporter la plus belle des idées: la déclaration des droits de l'homme? N'est-ce pas la France, encore, qui a fait naître de grands explorateurs? Temps anciens, temps révolus. Nos candidats à la présidentielle - chez qui l'on attend au contraire une vision et une voie pour le pays - nous rabâchent leurs sempiternels voeux pieux autour d'une industrie française "indélocalisable". Le made in France, pourquoi pas. Mais afficher un objectif de vendre plus et mieux... en France relève d'une certaine naïveté. Et prôner en 2012 le protectionnisme économique, c'est contribuer à accélérer le déclin face aux pays émergents. @email
Le made in France? Yes but...
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Philippe Créhange, rédacteur en chef adjoint
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