Fondée en 2020 à Mende (Lozère), la société GetCaaS (5 salariés, CA 2024 : 300 000 €), spécialiste des solutions cloud innovantes, va encore plus loin avec la start-up Exoway, dont elle porte le développement. Celle-ci a conçu un outil optimisant le cloud computing : grâce à l’intelligence artificielle (IA), cette plateforme permet aux entreprises utilisatrices de modéliser et de piloter leur architecture cloud, de façon automatisée, sans expertise préalable du sujet. "Jusqu’ici ce travail reposait, au sein d’une entreprise, sur son équipe d’ingénieurs. Or, l’IA permet de générer automatiquement le code de l’infrastructure. De même, l’entreprise peut, grâce à elle, mesurer en temps réel l’écart qui peut s’installer entre la documentation d’origine et la mise en œuvre de son produit dans le cloud", détaille Xavier Quesnot, cofondateur de GetCaaS et d’Exoway aux côtés de Mickaël Mathieu.
Un atout pour l’écosystème français
Positionnée comme plateforme renforçant l’écosystème cloud français, Exoway a convaincu le Plan France 2030. La start-up obtient 250 000 euros pour poursuivre la R & D autour de son outil : elle vient à ce titre de lancer une collaboration avec le Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM, Université de Montpellier). "Jusqu’ici notre IA assurait seulement le suivi de la documentation technique de l’entreprise. Avec la R & D en cours, elle pourra, dès la schématisation de l’infrastructure cloud, faire des estimations sur sa faisabilité technique, établir son coût financier et son impact carbone, vérifier son niveau de sécurité, etc.", énumère Xavier Quesnot.
Un projet en phase de décollage
Les aides obtenues vont notamment permettre à Exoway de structurer une équipe dédiée, avec le recrutement d’une dizaine de personnes en cours d’année 2026. Financée jusqu’ici sur fonds propres par GetCaaS et accompagnée par l’incubateur régional Nubbo, la start-up lozérienne, encore en gestation, ne sera officiellement créée sous forme d’entité distincte qu’en fin d’année prochaine. D’ici là, elle entre en phase de prédéveloppement commercial, en se mettant en quête d’une trentaine de clients-pilotes, "de toutes tailles" selon le dirigeant, pour lui permettre de valider sa plateforme.
Des enjeux techniques et financiers à adresser
À terme, Exoway cible les groupes et ETI dans des secteurs tels que l’aéronautique et la banque. "Ces acteurs ont de gros enjeux en termes de déploiement d’infrastructures cloud, qui occasionnent des coûts élevés", fait observer Xavier Quesnot. De même, la start-up lozérienne se tournera vers les grandes ESN (entreprises de services numériques). "Elles gèrent des plateformes de plusieurs clients, ou bien lancent divers projets nécessitant d’être bien suivis, avec un pilotage fin et sécurisé du volet cloud", poursuit le startupeur. Avec plusieurs niveaux de licence proposés à ses futurs clients, Exoway table sur un chiffre d’affaires de 300 000 euros sur son premier exercice, et sur un million d’euros en trois ans.