«Nous sommes des artisans organisés en réseau», dit avec le sourire Bruno Courcellas, le P-dg du Kiosque à pizzas. Ce Bordelais de 52 ans a créé l'enseigne de vente de pizzas à emporter en 2004 avec trois associés: Murielle Heulant, Hervé Choquel et Georges Geiter. L'idée était d'inventer une alternative au système de franchise trop contraignant, et de proposer une structure plus légère qui permette à chacun d'être indépendant. «Le Kiosque à pizzas est une sorte de licence de marque, explique le P-dg. Il n'y a ni royalties, ni droit d'entrée, ni budget pub. Il s'agit simplement d'une mise à disposition d'enseigne avec un système d'approvisionnement exclusif de marchandises.» En clair, l'adhérent est un indépendant qui signe un contrat de cinq ans pour utiliser le nom de l'enseigne mais est propriétaire de son outil de travail à savoir un kiosque métallique de 11m² et du matériel nécessaire à la fabrication des pizzas. Montant de l'investissement: 90.000€. «Nous exigeons un apport de 15.000 €», précise Bruno Courcellas. Seule contrainte pour l'adhérent: l'obligation d'achat des produits de base (farine, tomate, fromage), des tenues et des boîtes en carton à la société Kap développement, installée à Tresses, qui gère l'enseigne, et qui appartient aux quatre fondateurs. «Nous prenons un pourcentage sur la matière première et non sur le chiffre d'affaires», ajoute le P-dg.
Implantations près des
supermarchés
Outre ce système de licence de marque, l'enseigne se distingue par deux autres originalités: sa stratégie d'implantation et ses lieux de vente «Nous n'avons pas de boutiques à une ou deux exceptions près, mais des kiosques que nous implantons dans les petites villes de 4.000 à 10.000 habitants dont la zone de chalandise est comprise entre 7.000 et 15.000 personnes. C'est-à-dire là où la concurrence (Ndlr: les grandes franchises comme Dominos pizza, la Boîte à pizza ou SpeedRabbit pizza) ne va pas, explique le P-dg. Nous installons les kiosques sur les parkings des supermarchés ou près de stations de lavage automobile.» Dernière originalité: pas de livraison. «À la campagne, les gens ont tous le réflexe voiture et surtout, cela engendrerait un surcoût. Chez nous en moyenne, une pizza coûte 8,50€.»
18M€ de chiffre d'affaires
Pas de droit d'entrée, pas de royalties, une réelle indépendance pour l'adhérent, un positionnement et une stratégie qui semblent tenter de nombreux entrepreneurs puisque d'ici à l'été, le Kiosque à pizzas devrait compter 125 points de vente en France pour un chiffre d'affaires du réseau de 18M€. «Nous avons une forte concentration d'implantations en Gironde (24) et dans le Nord (17), précise Bruno Courcellas. Cela s'explique assez bien puisque je suis originaire de Bordeaux et mon associé Hervé Choquel de Lille. Mais les plus grands mangeurs de pizzas de notre réseau sont les Seine-et-Marnais!» Forte de ce développement rapide en France, l'enseigne qui a vendu l'an dernier 1,8M de pizzas, souhaite se développer bientôt à l'international (lire ci-contre).
Avec 114 points de vente en France dont 24 en Gironde, Le Kiosque à pizzas s'installe peu à peu dans le paysage de la vente de pizzas à emporter. Son originalité: l'enseigne girondine privilégie les implantations dans les petites communes et propose une licence de marque.