Le jour où la kalach' a sauvé la métropole

Le jour où la kalach' a sauvé la métropole

Ils ont patiemment expliqué leur point de vue, en tous lieux et en toutes occasions. Ils ont mené un intense lobbying, auprès du grand public comme au coeur des réseaux de pouvoir. Ils ont arpenté avec espoir et détermination les couloirs feutrés des collectivités locales. Ils ont mené des opérations commando de tractage, aux feux rouges et aux ronds-points, s'attirant le regard des automobilistes, mais aussi des médias. Sur tous les tons, sans se décourager, ils ont vanté les mérites de la métropole, seule capable selon eux de "débloquer" la situation du territoire. Eux, ce sont les chefs d'entreprises locaux qui, alliés aux représentants de salariés au sein du collectif "Mon entreprise, ma ville", ont tenté pendant des années de faire entendre leur voix sur la question métropolitaine. En vain. Seul un silence courtois ou, à défaut, un rejet catégorique venait répondre à leurs appels. Et puis un jour, tout a changé. Le 6 septembre dernier, lors de sa visite politico-médiatique dans la Cité phocéenne, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a prononcé le mot tant espéré. La métropole. Pour les patrons provençaux, le Ayrault de Nantes était soudain devenu le héros de Marseille. Pourtant, la raison de ce revirement n'a rien à voir avec la pédagogie, le lobbying ou le tractage autour des ronds-points. Loin de là. En fait, la mèche réformatrice a été allumée, à leur insu, par des kalachnikov, dans les quartiers nord, là où la sénatrice Samia Ghali voulait envoyer l'armée. Face au retour de la triste rengaine du Chicago provençal, il fallait une solution, un concept, une réponse. La fusée métropole était lancée.

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