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Le Havre : Les attentes du Medef de l'Estuaire
Le Havre # Commerce # Conjoncture

Le Havre : Les attentes du Medef de l'Estuaire

Suite à la démission de Jean-Paul Beauvais, Alain Adam, P-dg de Paganetti, a pris la tête du Medef Le Havre Seine Estuaire. Le nouveau président veut plus d'attractivité pour la cité océane et souhaite un processus de rassemblement des Medef locaux.



Quels sont les grands enjeux économiques à relever pour le territoire havrais ?


Le développement

des activités portuaires est essentiel. C'est un atout majeur de la ville du Havre car le développement des activités portuaires génère de nombreuses activités secondaires telles que le conditionnement de marchandises, le transport ou encore les activités internationales. Autre secteur d'importance pour l'avenir, celui de l'énergie. La place du Havre occupe une place majeure dans ce domaine. Nous avons la raffinerie Total de Normandie, la raffinerie d'Exxon avec tous les produits dérivés de la chimie mais aussi, une centrale de production électrique. Le projet d'implantations d'usines pour fabriquer des éoliennes est également très important pour notre territoire, même s'il n'est pas encore définitivement acquis car il faut un carnet de commandes conséquent pour lancer le projet. Ce projet, je le souhaite, mais je reste prudent car nous avons déjà vu des projets bien avancés tomber à l'eau. Dans ce cas, le risque c'est la concurrence qui va se battre pour obtenir les commandes. Si le projet d'Areva n'obtient pas des contrats conséquents, il ne sera pas d'ampleur. C'est un projet bienvenu car il permettrait de compenser les pertes d'emplois des activités de la construction et de la réparation navale.


Les élections municipales se profilent. Qu'attendez-vous du futur maire ?

Une amélioration des communications, surtout ferroviaires. Il va nous falloir un maire qui a du poids pour faire avancer les projets havrais. Il y a de la concurrence donc il faut avoir l'écoute des pouvoirs publics. Les efforts fournis ces dernières années commencent à porter leurs fruits, il faut poursuivre ce développement et prendre des décisions pour que la ville devienne plus attrayante. L'attractivité sur le territoire havrais est un problème, alors qu'il y a des atouts, tels que la plage, une bande côtière agréable... Autre aspect important de l'attractivité, la dynamisation du commerce du centre-ville du Havre qui a souffert, et les grands travaux n'ont rien arrangé. Mais, c'est un objectif devenu essentiel pour la plupart des grands centres-villes. Dans un autre domaine, le port a aussi fait un bon travail dans le développement de l'activité maritime pour les paquebots qui amènent une clientèle étrangère. Pour aller plus loin, il faut développer des structures pour agrémenter ces séjours, dans les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration notamment. Il faut également poursuivre les développements des activités nautiques comme la plaisance. Utiliser nos atouts particuliers, c'est de cette manière que nous pourrons nous différencier.


Quelle est votre position sur le dossier de l'aéroport ?

Je crois qu'il faut un consensus sur ce sujet des aéroports et qu'il faut un seul aéroport régional. Le choix doit être fait en fonction du meilleur emplacement...


Êtes-vous satisfait du pacte de responsabilité proposé par François Hollande ?

Nous demandions au Gouvernement un pacte de confiance et on nous propose un pacte de responsabilité : ça n'a pas le même sens pour moi. D'un côté nous voulons, au Medef, avoir des garanties pour le développement futur de nos entreprises et ne pas être en permanence en train de nous adapter à diverses réglementations, différents prélèvements obligatoires, qui valsent en permanence ! Le Gouvernement a saisi l'opportunité proposée par le Medef sur notre capacité à produire un million d'emplois à horizon 2020. C'est possible car l'outil de travail français n'est pas utilisé à 100 %. Il a encore de grandes marges de manoeuvre mais pour cela, il faut des commandes. Et pour les obtenir dans une économie mondialisée, il faut des prix attractifs, d'où le handicap des entreprises françaises dont, d'après la Banque mondiale, l'ensemble des prélèvements obligatoires s'établit à 64,7 %, pour une moyenne européenne de 44 % ! De là, les marges brutes des entreprises françaises sont de 28 % quand la moyenne européenne est de 40 %. Avec des difficultés à générer des ressources pour investir et des matériels vieillissants, d'où un retard de productivité.


Comment favoriser la création d'emplois ?

La baisse globale des charges devient urgente pour pouvoir investir, être compétitif et créer des emplois. Nous proposons la création d'un million d'emplois mais déjà le ministre du Redressement productif en demande deux millions. Pourquoi pas trois ?.... Avant de fixer des objectifs, donnons aux entreprises les moyens de pouvoir réaliser ces objectifs. Il est certain que c'est d'abord la baisse des charges qui favorisera la création d'emplois. Nous demandons aussi moins de réglementation, un allégement des contraintes. Il faut arrêter de mettre des couches supplémentaires et laisser les entreprises trouver leur équilibre.



Entretien Sébastien Colle

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