Le Havre
Le Havre : Le nouveau maire face aux patrons
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Le Havre : Le nouveau maire face aux patrons

Désormais maire duHavre et président de la communauté d'agglomération havraise (CODAH), Édouard Philippe sait qu'il est attendu sur le terrain économique. En exclusivité pour le Journal des Entreprises, il répond aux acteurs économiques havrais.

Christian Leroux, président de l'Union maritime et portuaire (UMEP) duHavre: De quelle manière pouvez-vous, ou pas, intervenir pour résoudre enfin la problématique portuaire?


Édouard Philippe: A la ville duHavre, nous sommes convaincus de ce que le port et l'activité portuaire en général sont une chance et une opportunité considérable de développement pour la ville, la région et le pays. Tout ce qui peut être fait pour le développement du port est le bienvenu: j'en suis convaincu! La ville et la Codah doivent oeuvrer pour le développement du port et de ses métiers: c'est entre autres le cas avec l'École de la marine marchande où nous travaillons pour qu'à terme, celle-ci dispose de locaux adaptés et qu'une formation de qualité soit mise en place pour les futurs officiers de la marine marchande. La ville aide, dès qu'elle le peut, le développement portuaire et je suis résolu à poursuivre dans cette voie. Même si, je rappelle qu'elle n'est pas en charge du port et n'est pas employeur... Le rôle de la mairie est de soutenir, promouvoir et faciliter, le plus efficacement possible.
Pierre Betremieux, président de Seine Estuaire Entreprendre: Malgré les nombreux progrès réalisés par LeHavre, le secteur de l'emploi n'a cessé de se dégrader. De notre côté, nous pensons que pour créer des emplois il faut créer des employeurs, les aider à s'installer et à réussir... Édouard Philippe: La création d'entreprises et le développement de la culture entrepreneuriale sont décisifs pour le développement économique. Mais, là aussi, ce n'est pas la ville qui crée les employeurs. L'esprit d'entreprise ça ne se décrète pas, cela repose sur des gens, des initiatives. On essaye de façon permanente de convaincre que s'installer auHavre est une démarche intelligente: c'est l'un des grands ports français, son développement est considérable, la communauté havraise regorge de projets d'investissements, le travail avec les acteurs économiques tels que Novalog est très performant. Avoir fait venir Sciences-Po, l'Insa... Cela ne se traduit pas immédiatement par des résultats, mais c'est un investissement pour l'avenir. L'action économique de la ville est, entre autres, destinée à favoriser la création d'entreprises mais je ne pense pas que l'on puisse construire un modèle économique durable et compétitif en pensant que c'est à la ville de créer des entreprises ou des employeurs. Ce qu'il faut, c'est concilier le dynamisme des entreprises et l'action de la ville.


Jean-Paul Beauvais, président du Medef de la région havraise: Quelles actions d'aménagement et de structure mener pour rendre le territoire plus attractif?
Édouard Philippe: De nombreux investissements structurants sont en cours: infrastructures portuaires, Grand stade, Tramway... Autre exemple: nous avons décidé de jouer la carte du nautisme et disposerons de plus d'un millier d'anneaux entre l'actuel port de plaisance et le futur port Vauban mis en service cet été. Avec pour objectif de doubler ce chiffre à l'horizon 2017 pour le 500e anniversaire de la ville. Ces investissements font venir des entreprises liées au nautisme et créent une dynamique économique et commerciale. La vitalité économique duHavre, ce n'est pas seulement le nombre de conteneurs! Nous allons également accueillir plus de 100 escales de bateaux de croisières en 2011, ce qui représente environ 170.000 passagers! Le développement économique duHavre c'est bien sûr le développement portuaire, la zone industrielle liée au port mais pas seulement: il y a aussi le tourisme ou encore l'attractivité des services, même si cette dernière n'est pas encore assez forte.
Jean-Marie Guian, président du directoire de SPB: Comment améliorer les transports sur la région havraise en matière ferroviaire et aéroportuaire. Allez-vous vous positionner pour un seul aéroport normand?

Édouard Philippe: Le problème ferroviaire concerne beaucoup de Havrais, la situation n'est pas satisfaisante que ce soit en terme de fret ou de passagers. Nous avons des perspectives ambitieuses pour la ligne grande vitesse et travaillons de concert avec la SNCF pour être certains que les investissements seront réalisés. La question aérienne est intéressante mais vient après en terme d'impact pour LeHavre. Aujourd'hui, notre plate-forme est petite mais nous espérons qu'elle perdurera, même s'il est vrai qu'elle fonctionne essentiellement grâce aux subventions. Pour ma part, je suis ouvert à un rapprochement avec Deauville qui permettrait d'identifier une plateforme commune avec LeHavre. En terme de trafic international, la vraie question, c'est comment être bien relié à Roissy grâce à une liaison ferroviaire rapide, et pas de savoir si l'on pourra décoller de Deauville. Avoir des aéroports en région c'est bien pour l'aviation d'affaires, pour les charters et pour quelques lignes régulières mais l'important est ailleurs. Je crois enfin, que quatre plateformes en Normandie c'est trop.

Entretiens Sébastien Colle

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