En 2021, Senfas (40 M€ de CA, 60 collaborateurs) envisageait d’injecter 5 millions d’euros dans un bâtiment de 5 000 m2. Finalement, en juillet 2026, sera livré un bâtiment de 7 000 m2, à 6 millions d’euros. "Le projet initial a été modifié, revu de fond en comble", explique Michel D’Ozenay, le PDG fondateur. En particulier, l’entreprise s’est mise en ordre de marche pour obtenir la certification IFS, garantissant la traçabilité des produits bio aux transformateurs, clients de Senfas, dont les produits sont commercialisés en grande distribution.
La marque propre va se développer
La PME gardoise enregistre une croissance "à presque deux chiffres". Le nouveau bâtiment va accompagner cette croissance. L’entreprise voit notamment émerger de nouveaux moteurs : tout d’abord, sa marque propre, Senfas. Proposant en particulier des produits tartinables 100 % végétaux, ces gammes constituent 25 % de l’activité, une part qui pourrait augmenter. "Cette activité rassure nos clients habituels de produits en vrac puisqu’ils constatent que nous sommes nous-mêmes industriels. Nous savons quelles sont leurs contraintes et leurs attentes, sans pour autant nous placer en concurrence avec eux", explique le dirigeant.
L’export comme débouché à développer
Fin 2024, Senfas a notamment obtenu deux prix pour sa pâte à tartiner à la cacahuète, dont l’un au Plant-Based World Expo à Londres, ce qui augure de perspectives intéressantes sur le marché anglo-saxon, cible de ce produit. L’exportation vers l’Europe fait partie des objectifs de développement. Une cellule dédiée vient d’être mise en place, la commercialisation démarre.
L’essor de Senfas évolue conjointement avec celui d’une autre filiale du groupe : l’atelier La Fabric' Végétale. Cette usine de production d’aliments bio s’approvisionne notamment auprès de Senfas. Créée en 2020 sur l’ancien site de Senfas à Saint-Privat-des-Vieux, elle compte aujourd’hui une trentaine de salariés pour 6 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Températures contrôlées
Le nouveau bâtiment, voisin du bâtiment actuel de 5 000 m2 construit en 2019, sera adapté aux normes de stockage de produits les plus exigeantes, avec de l’air filtré, des zones en surpression. Il disposera de plusieurs compartiments de différentes températures contrôlées, adaptées aux besoins spécifiques de chaque ingrédient. Il sera équipé d’une station de traitement par le froid d’une capacité de 50 tonnes, la seule de cette taille en Occitanie. On trouvera un congélateur de 300 tonnes. Un site de reconditionnement gravitaire va être aménagé, ainsi qu’un lieu de conditionnement des poudres. "Nous allons aussi investir dans une salle blanche pour les liquides", indique le dirigeant. Les procédés et l’organisation ont pu être testés sur le bâtiment actuel.
Un bâtiment économe en énergie
Pour le nouvel édifice, un soin particulier a été apporté à l’empreinte environnementale. Le bâtiment, très isolé, sera équipé de panneaux photovoltaïques double faces, captant la lumière réfléchie par la couverture blanche. Ce système améliore de 15 % le rendement. Deux centrales produiront l’équivalent de 50 à 60 % des besoins en électricité du site.
Le système froid innove : le CO2 va remplacer les gaz réfrigérants, mauvais pour l’atmosphère. "Ce procédé est plus coûteux, mais va nous faire économiser 30 % d’énergie consommée, et supprime tout risque de pollution".
Outre la partie dédiée au stockage, le bâtiment regroupe des bureaux, une grande salle de réunion, une salle de sport pour le personnel, des ateliers avec une cellule isolée pour les batteries de chariots élévateurs. Soit 1 000 m2 sur les 7 000 m2.
Avec ces perspectives de développement, une dizaine de personnes au moins devraient être recrutées lors de la mise en service du nouveau site.