Au ressenti d'un nombre croissant d'entrepreneurs, réunis ou non au sein du collectif Défense PME, Christine Jacglin, présidente du comité régional des banques, oppose des chiffres implacables. «Les encours de crédits aux entreprises ont progressé de 4,6% en Alsace l'an dernier, à 61,4milliards d'euros. Si l'on remonte à 2008, cette progression a été de 9,8%», affirme-t-elle. Le problème, selon elle, réside plutôt dans le fait que certaines PME n'ont pas surmonté les 4 années de crise, «et que leur situation financière s'est dégradée. Certaines cumulent des arriérés fiscaux, Urssaf, et elles ont parfois des créances sur leurs salariés». Avant d'ajouter: «On meurt plus facilement d'un problème de trésorerie que d'un problème de rentabilité». Et, comme pour ramener le débat à sa juste hauteur, d'évoquer la problématique bien française de faiblesse des fonds propres de nos PME. Or désormais, sans fonds propres solides, il y a peu d'espoir de faire jouer un effet de levier auprès des banques. Si Christine Jacglin réfute le fait que les banquiers puissent craindre d'être soupçonnés de soutien abusif sur les dossiers les plus sensibles, elle reconnaît aussi, que pour ces derniers, il y a moins de crédits. Maintenant, la question est de savoir où on place le curseur: à partir de quel stade les banquiers considèrent-ils risqué de prêter à une entreprise? Il n'y a pas de réponse toute faite car trop de paramètres entrent en compte et parce que chaque banque les pondère à sa façon. «Je veux juste rappeler que les entreprises, c'est avant tout des clients pour nous et que l'on met tout en oeuvre pour leur pérennité. Plus on les sauve, plus on sauve nos crédits», conclut-elle.
Le comité des banques s'inscrit en faux
Par
Philippe Armengaud
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