Le ciel azuréen s'assombrit en fin d'année
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Le ciel azuréen s'assombrit en fin d'année

Si le tourisme et le secteur de la chimie finie ont tiré la croissance azuréenne en 2011, force est de constater un modeste rebond côté consommation, des secteurs d'activités qui souffrent, et une reprise, pourtant amorcée au premier trimestre, qui s'essouffle sous fond de crise européenne majeure. Le début d'année s'annonce difficile.

«Les indicateurs ne sont pas vraiment mauvais, mais on s'attendait à mieux»: il en va de la situation locale comme de la croissance française, et Bernard Kleynhoff, président de la CCI Nice-Côte d'Azur, n'a plus le sourire, même si certains segments typiquement azuréens ont encore su tirer leur épingle du jeu en cette année 2011. Le bilan conjoncturel azuréen présente ainsi des indicateurs qui certes ne s'allument pas au rouge, mais demeurent indexés aux valeurs de 2010, année déjà atone. Et c'est du côté de l'emploi que la tendance se précise: les chiffres en forte hausse pour le premier semestre (+ 4,6% toutes catégories d'inscrits confondues) représentent bel et bien le signe tangible d'une convalescence qui, secouée par la crise et les plans d'austérité gouvernementaux successifs, pourrait bien piquer vers la rechute.




Tourisme et parfumerie en tête de gondole

Du côté des satisfactions, l'embellie vient du tourisme. Avec une hausse de 5% sur un an des hébergements enregistrés, les retombées escomptées étaient bien au rendez-vous, y compris pour l'aéroport qui a dépassé en septembre la barre symbolique du million de passagers en transit sur le mois. De nouveaux marchés se sont ouverts et rendent le moral aux professionnels: Russie, Chine, Australie, ainsi que le retour attendu des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, on a frisé les records historiques à l'international. Toujours une mer d'huile sur la croisière, secteur qui résiste malgré des ports azuréens peu adaptés à l'évolution des bateaux, avec une augmentation de 3% des volumes accueillis. La stratégie qui consiste à multiplier l'offre d'escales et viser un segment plutôt haut de gamme semble porter ses fruits. Mêmes réjouissances du côté du pôle Sciences du vivant, et notamment sur le bassin grassois. Le secteur s'en sort plutôt bien, avec un chiffre d'affaires qui augmente de 8% au premier semestre, et un emploi qui s'en ressent: + 1,5%. Seule la zone industrielle de Carros peut afficher la même embellie, mais avec un chiffre d'affaires cumulé qui ne dépasse pas les 2% d'augmentation. Au niveau industriel, «les carnets de commandes se remplissent, mais moins vite, sur des délais plus courts»: Bernard Kleynhoff veut rester positif. Contrairement aux autres activités, où 2012 s'annonce d'ores et déjà comme une année en demi-teinte, voire menaçante.




Commerce et TIC en berne

Quid du commerce ? Soldes décevantes, pouvoir d'achat en berne, consommation en perte de vitesse, secteur automobile fortement impacté: si les chiffres sont en légère hausse, c'est qu'ils sont tirés par le commerce de gros, qui ne représente toutefois qu'un tiers des activités du segment. Pas de perspectives encourageantes en vue pour le secteur. Les Tic (Technologies de l'information et de la communication) quand à elles s'effondrent: - 4% sur les chiffres d'affaires cumulés par rapport à 2010 sur le département, toutefois sans licenciements significatifs pour l'heure. Mais la situation internationale ne laisse rien présager de bon, et Sophia-Antipolis pourrait être impactée plus durement dès le début de l'année prochaine. Sur le bassin antibois, la décrue est amorcée: -0,5% pour l'emploi.










Le BTP touché

Le bâtiment ne va pas fort... Si le Grand Stade monopolise les énergies et assure un certain volume d'activités, les autres chantiers sont au point mort. Et Laurent Trocmé, président de la fédération du BTP 06, s'en inquiète: «Face à un dispositif Scellier aboli, le marché de la construction de logements, très dépendant des avantages fiscaux en vigueur, s'essouffle clairement.» À l'aube d'une année présidentielle peu propice à l'investissement, les chefs d'entreprise sont nettement dans l'attente.

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