Avec un chiffre d'affaires 2015 de 8,3 millions d'euros pour un million d'euros de résultat net, la Socarenam est le champion de la performance économique en Ille-et-Vilaine (notre palmarès 2016). « Le chantier naval malouin affiche une progression régulière de son chiffre d’affaires, avec un carnet de commandes plein jusqu’au moins la fin de l’année 2017 », constate le responsable du site malouin, Benoît Clavurier. L’ancien chantier Gamelin est entré il y a sept ans dans le giron de la Socarenam, une entreprise nordiste qui a une très belle histoire.
Elle commence avec la création par la Navale Caennaise d’un chantier à Calais, en 1961. La Société calaisienne de réparation navale et mécanique (Socarenam) s’implante à Boulogne-sur-Mer huit ans plus tard et ouvre un atelier spécialisé dans la mécanique et l’entretien industriel à Dunkerque puis reprend une menuiserie navale à Étaples.
À la fin des années 1980, la Navale Caennaise décide de se séparer de son chantier. Une cinquantaine de salariés va alors décider de racheter l’entreprise. Pour faire face à la crise du secteur pêche dans les années 1990, l’entreprise pilotée par Philippe Gobert joue la carte de la diversification et s’attaque au marché de la Direction générale de l’Armement (DGA).
Tout ce qui flotte…
Depuis, la société s’intéresse à tout ce qui peut flotter en terme de bateaux de travail et de servitudes : bateaux de pêche, barges, patrouilleurs pour la Marine nationale, vedettes pour les Douanes,etc. En construction comme en réparation. Le site de Saint-Malo est spécialisé dans la construction et la réparation des coques et superstructures, en acier ou en aluminium.
Des vedettes pour la Douane
Installé sur le bassin des Pêcheurs, le chantier dispose d’une forme de 90 mètres et de puissants moyens de levage. Actuellement, le chantier travaille sur une série de vedettes de 27 mètres en aluminium pour la Douane. L’entreprise répond par ailleurs aux appels d’offres de la Marine nationale. Mais Saint-Malo construit également les coques des patrouilleurs légers guyanais (PLG), des unités de 62 mètres de long représentant 60.000 heures de travail chacune.
Coques très travaillées
« La tendance actuelle, ce sont des coques très travaillées par les architectes navals pour offrir à la fois de la légèreté, une bonne tenue à la mer et une maîtrise de la consommation », explique Benoît Clavurier. Le travail du chantier malouin, qui emploie 24 personnes, est principalement concentré sur la soudure et la chaudronnerie. Des métiers en tension, surtout pour ce qui concerne la chaudronnerie navale.
Recrutements compliqués
« Nous connaissons toujours des problèmes de recrutement », explique le responsable du site malouin. « Pour les soudeurs, on fait appel aux stagiaires des CFA. Pour la chaudronnerie, nous prenons des jeunes de bac pro ou BTS en apprentissage. Nous en avions deux il y a deux ans, ils sont quatre aujourd’hui. »