A Vérac dans le Libournais, Philippe Dizier, le directeur général du Bélier, peut avoir le sourire. Après avoir passé quelques années difficiles notamment en 2008-2009, les choix stratégiques du groupe portent désormais leurs fruits. Et dans un contexte de hausse du marché automobile mondial, l’entreprise tire son épingle du jeu. Au troisième trimestre 2014, Le Bélier affiche un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 6 % par rapport au troisième trimestre de 2013 à 189 millions d’euros.
Des pièces à valeur ajoutée
Sous-traitant automobile, Le Bélier fabrique de pièces moulées en aluminium soit pour les équipementiers de rang 1 comme Continental, Bosch ou Valéo, soit directement pour les constructeurs (PSA, BMW). « Nous avons fait le choix en 2005-2006 de nous concentrer sur trois types de pièces sur lesquelles nous sommes très performants, précise Philippe Dizier : le freinage, secteur sur lequel nous avons 40 % de parts de marché, le turbo et le châssis. Comme ce sont des pièces en aluminium, elles sont plus légères et on les retrouve principalement sur des véhicules haut de gamme donc chez les constructeurs allemands. »
Huit implantations dans le monde
Si ces pièces sont mises au point à Vérac au centre de R & D, elles sont principalement fabriquées dans l’une des huit implantations du groupe. Car depuis 20 ans, Le Bélier a fait le choix de l’internationalisation de sa production. L’entreprise est présente en Hongrie, en Serbie, au Mexique et en Chine, et produit localement pour vendre localement, là où se trouvent ses clients. « En France nous n’avons pas d’avantage concurrentiel, précise le directeur général. Vérac est notre centre de R & D et le lieu où nous mettons au point les prototypes. Pour maintenir une activité, nous avons choisi de nous diversifier et nous fabriquons ici des pièces de petites séries pour l’industrie aéronautique. Ce sont des pièces plus techniques sur lesquelles nous avons plus de valeur ajoutée, mais l’aéronautique représente une petite partie de notre chiffre d’affaires. »
Si jusqu’à présent cette stratégie d’internationalisation avait été menée en créant des sites de production ex-nihilo, cet été Le Bélier a réalisé sa première opération de croissance externe.
Marché chinois porteur
Le groupe a racheté un concurrent chinois, HPDCI, spécialisé dans la fabrication de pièces dans le domaine du freinage et du turbo, qui emploie 350 personnes pour un chiffre d’affaires de 23,2-millions d’euros. HDPCI dispose d’une usine près de Dalian, d’une autre à Wuhan, à l’ouest de Chine, et d’une troisième usine en Hongrie.
« Nous sommes présents en Chine depuis 1998 mais notre implantation se situe au Nord. Or le marché est en train de se déplacer vers l’ouest. HPDCI est installé à Wuhan où se trouve également Peugeot, explique Philippe Dizier. Cette acquisition nous permet aussi de recruter un savoir-faire et de récupérer des capacités de production et du chiffre d’affaires. La Chine est un marché porteur. Si l’on regarde les chiffres du troisième trimestre 2014, le tonnage d’aluminium vendu par le groupe a progressé de 7,7 % dont 17,9 % en Asie, 12,1 % en Amérique du Nord et 3,2 % en Europe. »
Les perspectives sont donc très prometteuses en Asie tout en continuant à être bonnes en Europe qui représente encore 56 % du chiffre d’affaires. « Oui il est encore possible de se développer en Europe, affirme Philippe Dizier. En revanche nous avons mis de côté pour le moment nos projets en Inde et au Brésil. »
Le bélier
(Vérac)
Directeur général :
Philippe Dizier
CA 2013: 236,3 M€
Résultat net : 15,7 M€
3.300 personnes dans le monde dont 300 à Vérac
Production 2013: 50.000 tonnes d’aluminium
05 57 55 03 00
www.lebelier.com