L'initiative est le fruit du travail de trois organismes : Sato, association visant à la réinsertion professionnelle de personnes en situation précaire, Tribord, entreprise d'insertion, et l'Ibep, institut proposant des formations pour adultes. « L'acquisition de l'immeuble et les travaux ont représenté un investissement de 4 millions d'euros, indique Georges Pellen, président de Sato. Les trois structures ont contribué à hauteur de 90 % de cet investissement ». Le reste a été pris en charge par Brest Métropole Océane et le Conseil général du Finistère.
Gagner en visibilité
Huit autres organismes de l'économie sociale et solidaire, telle la Mission locale, ont élu domicile au sein des 4.000 m² de l'immeuble, moyennant un loyer. « Cela permet un développement de notre capacité d'accueil du public et un développement des interactions », note Georges Pellen. Et Ronan Le Guen, président de Tribord, d'ajouter : « Cela crée des passerelles entre les structures, des liens et une synergie pour accompagner les demandeurs d'emploi dans un parcours d'insertion durable ». Dans les faits, les organismes résidents oeuvrent à différents stades du processus d'insertion, ce qui permet aux 3.000 personnes accompagnées chaque année d'obtenir toute l'aide recherchée en un seul et même lieu. « C'est une plateforme plus visible vers laquelle on peut aisément se tourner », explique Jean-Claude Quentric, président de l'Ibep. « Dont la finalité est la qualification et la sortie vers l'emploi », ajoute Ronan Le Guen.
« Une alternative aux lois du marché »
Cette initiative s'est faite dans une dynamique de développement de l'économie sociale et solidaire dans la région. Comme le rappellent les trois présidents, « l'ESS vise à placer l'humain au centre des activités et replacer l'économie dans son contexte, à savoir un moyen au service d'un projet sociétal ». Et cette économie a le vent en poupe : « Cela fait une vingtaine d'années que le phénomène se développe en Bretagne », explique Jean-Claude Quentric. Et plus encore dans le pays de Brest. À l'heure actuelle, 19.570 salariés travaillent dans ce secteur, soit 16 % de l'emploi privé. Un chiffre bien au-dessus de la moyenne nationale qui s'établit aujourd'hui à 10 %. Cette réussite est notamment liée à la « redécouverte de toute la force de l'ESS comme source d'innovation », souligne Georges Pellen. Car l'ESS n'est pas seulement un palliatif aux difficultés économiques : « Ce n'est pas une solution temporaire qui disparaît lorsque les difficultés s'éloignent. Il ne faut pas la voir comme une solution de réparation mais comme une activité d'intérêt général, de cohésion sociale ». Une activité qui permet notamment de dynamiser le territoire et d'en développer les ressources. En ce sens, elle constitue « une véritable alternative aux lois du marché ». Et ce secteur est par ailleurs essentiel pour bon nombre de demandeurs d'emploi : « L'économie sociale et solidaire vient en complément des offres d'emploi qui existent », note Jean-Claude Quentric. Pour autant, il se veut nuancé : « Si l'ESS se structure de manière plus importante aujourd'hui et qu'il y a des possibilités de développement, cela ne veut pas dire qu'elle va prendre la place de l'économie classique ».
Économie sociale et solidaire Créé il y a trois ans, le "7" rue de Vendée à Brest a inauguré son immeuble d'entreprises. Des locaux réunissant onze organismes qui oeuvrent en faveur de l'économie sociale et solidaire (ESS) dans le bassin d'emploi.