Les LBO présentent un intérêt majeur: la déductibilité des dividendes versés à la holding par la société cible dans le cadre de l'intégration fiscale entre les deux entités. «Le LBO est devenu très courant et pas seulement pour les entreprises importantes. Le dispositif intéresse aussi les petites structures», explique Jacques Cérini, de l'association Cédants et repreneurs d'affaires (CRA). Mais attention: «ces opérations ne sont pas toujours accueillies très favorablement par les établissements bancaires qui sont très attentifs, surtout en période de faible croissance.»
Importance de la personnalité du repreneur
Un LBO repose sur la capacité de la cible à remonter des liquidités vers la holding, sous forme de dividendes ou de contrats de management, pour assurer le service de la dette, avec le risque d'assécher les fonds propres de l'entreprise si les résultats ne sont pas conformes aux prévisions. Or, le manque de fonds propres est souvent pointé comme une des faiblesses majeures des PME françaises. D'où une attention pointilleuse des établissements financiers sollicités. Premier critère: la personnalité du repreneur. «En matière de création ou de reprise, l'homme est seul. La banque va étudier de très près son passé, sa formation. C'est d'autant plus important dans le cas d'une petite entreprise», prévient Jacques Cérini.
«Dévoreurs de fonds propres»
Au-delà du profil du candidat, les éléments financiers de l'entreprise-cible sont évidemment au coeur des décisions. Des valorisations supérieures à trois fois, trois fois et demi l'EBE déclenchent souvent le signal d'alarme. De même, pas question d'affecter plus de 70% des résultats de l'entreprise à la holding. «Il faut une parfaite lisibilité des résultats futurs de la cible, poursuit Jacques Cérini. Le business plan doit être réaliste. Surtout pas de château en Espagne!» La banque saura ramener les rêveurs sur terre: ses spécialistes analyseront les comptes de résultat en calculant le point mort en deçà duquel l'entreprise ne pourra faire face à sa dette. Dans la présentation, le repreneur potentiel devra prouver ses capacités d'anticipation en fournissant toutes les solutions envisageables pour faire face à telle ou telle difficulté pouvant surgir en cours d'exercice. Les opérations les plus importantes souffrent souvent d'un handicap: la multiplication des LBO quand aucune ne va à son terme et qu'il faut sans cesse refinancer l'outil. Or, comme pour tout emprunt, les premières années sont principalement affectées aux intérêts, pas au remboursement du capital. «Les LBO à répétition sont dévoreurs de fonds propres», souligne Jacques Cérini. Un phénomène qui explique sans doute l'absence de grosses opérations en cette période de faible croissance. Les opérations plus modestes échappent plus souvent à cette spirale. Reste qu'il est difficile d'avoir une vision à moyen terme en période d'incertitude économique généralisée. Or, ce sont les deux à trois premières années qui sont décisives.
Système désormais classique de financement d'une reprise d'entreprise, le LBO (de l'anglais Leveraged Buy-Out) suppose une analyse fine des capacités de la cible à dégager du cash.