À Louverné, près de Laval, la PME PrecisMaine était en pleine réorganisation ces derniers mois. L’atelier de mécanique de précision racheté en 2017 à feu Bernard Beucher a triplé ses surfaces avec une extension 1 000 mètres carrés. "Cela permet d’améliorer les conditions de travail. Notre espace était saturé. Ces dernières années, nous avions ajouté deux à trois machines, indique le dirigeant Benoît Thommeret. Et nous nous sommes équipés pour notre projet baptisé Précis Mµ."
Couper un cheveu en soixante-dix
Sur 1450 mètres carrés désormais, la PME produit des petites et moyennes pièces en petites séries destinées notamment à des entreprises d’emboutissage qui fournissent la cosmétique, le luxe, le secteur médical… "Nous n’avons pas de bureau d’études, nous nous perfectionnons dans l’usinage de haute précision. Nous réalisons également la production et l’assemblage d’outillages", présente Benoît Thommeret.
À partir de 2025, avec son process baptisé Précis Mµ, l’entreprise pousse la qualité de ses pièces en métal ou carbone "au micron près". "Nous avons la capacité de couper des cheveux en soixante-dix, illustre Benoit Thommeret. Ce gain de précision doit permettre de façonner de nouveaux types de pièces, mais pas seulement. Nous sommes désormais équipés pour travailler davantage de matériaux, jusqu’à des composites."
Gains en précision et temps
Cette orientation pourrait générer "deux à trois embauches", selon le dirigeant, qui emploie douze salariés sur site. "Mais l’objectif n’est pas là." L’atelier réalise la trempe des pièces et désormais le marquage laser de chaque unité, pour en assurer la traçabilité. Le site a également intégré le contrôle des pièces. Ces interventions en interne rendent l’entreprise plus autonome dans sa chaîne de production. Avec une précision accrue dans l’usinage, les besoins de reprises de pièces sont limités, et les délais raccourcis. "Les clients gagnent en temps et sur les coûts aussi", fait valoir le chef d’entreprise.
Quatre millions d’euros investis en quatre ans
L’investissement s’élève à 2,5 millions d’euros. Il vient s’ajouter à celui de 1,5 million d’euros dont a profité ces trois dernières années MécaMaine Industrie, l’autre entreprise de Benoît Thommeret. Une enveloppe totale de 4 millions d’euros qui représente un effort conséquent pour un chiffre d’affaires global "d’environ 3,5 millions d’euros".
"Au total, nous sommes environ 35 personnes sur les deux sites. Chaque société est orientée différemment mais peut amener des clients au second. Notre objectif est d’ailleurs de travailler de façon plus resserrée, pour fournir des services plus complets aux clients, différents d’un site à l’autre. Et ainsi d’en capter de nouveaux", indique le dirigeant.
Située près du Mans, MécaMaine a installé deux robots qui garantissent une meilleure précision de ses pièces en série et augmente sa productivité, avec une fabrication qui peut se poursuivre de nuit. Ce site peut réaliser des pièces de plus gros volumes que PrecisMaine, tels que des supports de moules à injection plastique ou des blocs machines, et des séries plus importantes ; l’atelier peut également travailler sur du prototypage. La PME sarthoise fournit des clients dans l’automobile, l’agroalimentaire, l’agriculture, la papeterie…
Un lien réactif avec les services maintenance
MécaMaine a également une activité valorisée dans la réparation. "Lorsqu’une pièce est défectueuse, l’arrêt d’une ligne de production peut coûter des centaines de milliers d’euros à une usine ; donc les clients veulent résoudre le problème rapidement. Notre réactivité à reproduire les pièces permet à leurs services maintenance de les installer dans les 48 heures, voire dans la journée", raconte Benjamin Granger, directeur technique et commercial de MécaMaine Industrie. Là encore, la facture du client est un argument : "Reprendre une pièce réduit les délais par rapport à la commande d’une pièce neuve, mais également les coûts", met en avant Freddy Davoust, responsable technique du site sarthois.
Benoît Thommeret souhaiterait d’ailleurs développer cette activité auprès de nouveaux clients, tels que les utilisateurs d’engins de BTP, afin de compenser l’activité automobile comme partout en baisse.