Il a suffi qu'il arrive à la tête du Medef, le 10 juin, pour se plonger tout à coup dans une réalité sociale mouvementée. Deux jours après son élection, (succédant à Bernard Fontanel), des intermittents du spectacle en grève ont débarqué au siège de son entreprise alors qu'il était coincé par la grève SNCF entre Nantes et Paris. « J'étais très ennuyé pour mes collaborateurs, mais tout s'est réglé dans le calme. »
Pas le bon niveau de discussion
Quelques jours plus tard, le dirigeant de Visiativ (330 salariés ; CA : 50 M€), désormais cotée en Bourse, écoutait le ministre du Travail François Rebsamen de passage à Lyon égrener les mesures phares du Plan de compétitivité et solidarité (lire en page 7). « Je l'ai trouvé assez éloigné de la préoccupation des entrepreneurs. Mon interprétation de son discours ? Il nous prend pour des pleurnichards ; ce n'est pas le bon niveau de discussion. L'entrepreneur a l'habitude d'importer de l'angoisse et d'exporter de l'enthousiasme. Quand il exprime autant d'inquiétudes c'est qu'il se passe quelque chose de très problématique », indique celui qui vient de quitter ses fonctions au sein du cluster Édit pour se consacrer davantage à la présidence du Medef et à son entreprise. « Visiativ est une société bien organisée, il faut toujours une implication forte de ma part mais je considère que la responsabilité d'un chef d'entreprise, quand il le peut, est de s'investir au-delà de l'intérêt de sa seule entreprise ; c'est enrichissant, c'est responsable. »
Usine du futur
Sur la suite de son mandat, et concernant l'engagement du Medef à créer 100.000 emplois d'ici à 2017, Laurent Fiard indique qu'il cherche d'abord à « créer une nouvelle proximité. J'estime que 30 % de ces emplois viendront du numérique ». L'homme table aussi sur le dispositif « Usine du futur » pour accélérer le passage des PME traditionnelles vers la mutation 2.0.