Rouen
Laurence Bertho-Bedel : « Que Rouen apparaisse mieux sur les radars »
Rouen

Laurence Bertho-Bedel : « Que Rouen apparaisse mieux sur les radars »

La directrice de l'agence de développement économique Rouen Normandy Invest, Laurence Bertho-Bedel, croit au potentiel d'attractivité de la Métropole.

Q


uels sont, selon vous, les critères essentiels qui fondent l'attractivité d'un territoire ?


Aujourd'hui, ce qui fait l'attractivité d'un territoire, c'est la création d'emploi, le dynamisme économique. C'est essentiel. Un territoire doit pouvoir contribuer à créer de la valeur en aidant les entreprises à développer leur business. Ensuite, l'image joue également beaucoup, mais là avec des éléments qui touchent largement à l'inconscient collectif, tels que la météo, par exemple !
Cette « image » est-elle perçue différemment depuis le 1er janvier dernier ? C'est encore un peu tôt dans la perception qu'en ont les gens, mais en terme de communication, ça marche immédiatement : nous avons pu le mesurer dans des salons à l'étranger, comme en Allemagne il y a quelques semaines où l'on s'est rendu compte que c'était bien plus percutant. Les entreprises regardent la Métropole avec un oeil différent ; on a moins besoin d'expliquer, tout est beaucoup plus simple.

Vous diriez que la Métropole

attire spontanément plus que « l'agglomération » ?
Il y a un côté positif évident. La « Métropole » attire plus naturellement les cadres et cela entraîne un dynamisme économique. C'est un cercle vertueux. C'est un véritable enjeu pour nous car nous manquons aujourd'hui de fonctions tertiaires supérieures. Nous avons à la fois du mal à les faire venir... Et à les garder ! Il faut que l'on arrive à retenir davantage les jeunes.
Pour attirer les entreprises, il faut de la disponibilité foncière. L'offre rouennaise est-elle à la hauteur ?
C'est un vrai sujet. Le problème, c'est qu'il est difficile de faire de l'immobilier en blanc. Quand on veut s'installer et qu'on ne peut pas voir le produit fini, c'est compliqué de se projeter. C'est une spécificité rouennaise, même si la métropole s'est saisie du sujet. D'autres territoires ont anticipé cette question de la disponibilité foncière, comme Rennes ou Nantes l'on fait depuis 20 ans. L'enjeu consiste à avoir une offre disponible. C'est un élément d'attractivité. C'est la même chose qu'avec un achat en grande surface : si le produit n'est pas disponible, on reporte son achat ou on achète ailleurs !
Finalement, qu'est-ce qui attire certaines entreprises à Rouen plutôt qu'ailleurs ?
Certains cherchent la proximité de Paris ; c'est un atout, il ne faut pas l'oublier. À 1 h de la Capitale, nous sommes en concurrence avec des villes comme Reims ou Lille. Vient ensuite l'aspect portuaire : là, la concurrence vient du Nord de l'Europe, et pas forcément du Havre ! D'autres entreprises recherchent des aides à l'implantation... Et dans ce domaine il n'y a pas vraiment de concurrence entre les territoires. Globalement, les entreprises qui ne s'attachent pas au bassin d'emploi sont de moins en moins nombreuses. Une entreprise, c'est d'abord beaucoup d'humain : une mauvaise implantation pour des mauvaises raisons peut conduire à un échec. De ce point de vue les mentalités ont évolué.
Qu'attendez-vous de la « marque territoriale » qui doit être lancée prochainement ?
Le nom « Enjoy Rouen Normandy » a été validé. Reste à mettre en place un portail, un code de marque, et à confirmer les cibles et les partenaires. Cette marque porte une promesse : naturellement, elle va faire parler. D'ailleurs, nous avons déjà des demandes de chefs d'entreprises qui se disent prêts à la porter. Nous comptons nous appuyer sur des Ambassadeurs. Pour que cela fonctionne, il faut que la démarche soit collective.
Quel en est l'enjeu ?
Que Rouen apparaisse mieux sur les radars des décideurs, des étudiants, des touristes
et des organisateurs de congrès. En réalité, pour cela on devra jouer sur plusieurs leviers simultanément : la marque va contribuer à faire parler de Rouen et c'est nécessaire car on ne sait pas mettre en avant nos atouts. Par contre, on sait travailler ensemble. Il faut aussi travailler sur l'image, l'immobilier d'entreprise et plus globalement sur la manière dont on accueille les gens. L'action sur le tourisme doit également amplifier tout ça.

Propos recueillis par Guillaume Ducable

Rouen