L'art de défier la conjoncture
# Conjoncture

L'art de défier la conjoncture

Le secteur des biens d'équipement n'a pas échappé à la sinistrose: la contraction de la demande a été significative, quoique variable selon les produits et marchés. L'exemple de Seb, leader du petit électroménager, illustre comment des ajustements anticipés peuvent permettre de maintenir des résultats honorables malgré la baisse d'activité. Et offrir, pour l'avenir, de nouvelles perspectives de croissance.

Les résultats du 3e trimestre 2009 viennent de tomber. Un an après le début de la crise économique, le groupe lyonnais Seb, leader du petit électroménager, dégage «une performance satisfaisante qui démontre la faculté à résister aux crises», commente Jean-Pierre Lac, directeur financier du groupe. Sur les neuf premiers mois de l'année, Seb enregistre «un retrait limité» des ventes, de -2,8% à parités constantes (2,1Md€) et une marge opérationnelle à 194M€, en «repli maîtrisé» de 6,4%.




Ne pas agir brutalement

Les ventes sont très contrastées d'une zone géographique à l'autre et impactées par la dépréciation des devises. En croissance de 1% en France, où la vogue du ?fait maison? bat son plein, elles sont à nouveau en croissance en Amérique du Sud (+0,4%) et en Asie-Pacifique (+7,9%), en retrait en Europe occidentale (- 3%), mais très difficiles en Amérique du Nord (-18,1%) et en Europe centrale (-6,7%). Pour s'adapter à la conjoncture, Seb a par exemple augmenté sensiblement ses prix en Russie et en Ukraine pour sauvegarder ses marges, revu son mix-produits et réduit la voilure en matière de publicités.





«Nous essayons traditionnellement d'anticiper les choses et de ne pas agir brutalement», explique Jean-Pierre Lac. Fin 2008, le groupe a ainsi annoncé la suppression de 200 postes en France sur 6.100. «Cette mesure a été prise sur des sites de production de fers à repasser qui n'étaient plus assez compétitifs. Mais nous ne nous sommes pas abrités derrière la crise pour prendre ces décisions. Et nous avons bien l'intention de rester producteurs en Europe! Nos sites de Rumilly et Pont-Evêque, dans la région, sont des industries de process qui nécessitent des recherches importantes, des procédés techniques que l'on souhaite garder secrets.» Si des économies sont faites, ce n'est pas sur la R & D. «Près de 500 personnes travaillent sur les produits de demain. Nous investissons 50M€ dans la R & D», affirme le directeur. La réorganisation de l'activité d'appareils électriques de cuisine est d'ailleurs en cours pour regrouper en Bourgogne les équipes de recherche technique et marketing. Sur un an, Seb a également réduit sa dette financière de 696M€ à 386M€: de quoi passer la période de crise à l'abri des soucis. Et être prêt à saisir des opportunités de croissance externe. En ligne de mire: des pays comme l'Inde ou l'Asie du Sud-Est, où le groupe n'est pas présent, mais aussi des marchés matures.

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