Laporte : Les Olympiades dans le viseur

Laporte : Les Olympiades dans le viseur

Habituée des JO, Laporte sera à Rio en 2016 pour fournir les équipements destinés aux épreuves de ball-trap, mais la PME de Biot a déjà en ligne de mire les JO de Tokyo en 2020.

La tension monte chez Laporte. « Les années des Jeux Olympiques nous sont plutôt favorables, l'activité se développe. À nous d'être prêts à répondre à la demande », explique son P-dg Jean-Michel Laporte. Pour la huitième fois, la PME de Biot sera le fournisseur officiel des lanceurs et plateaux d'argile pour les épreuves de ball-trap des JO de Rio en 2016. Mais les équipes de l'entreprise sont déjà mobilisées autour des Olympiades de 2020 à Tokyo. « Aucune décision officielle n'a été prise mais nous avons commencé à équiper des clubs au Japon pour l'entraînement des sportifs, cela nous donne une longueur d'avance », estime le dirigeant.




Optimiser les capacités de production

Devenu télégénique avec l'invention du pigeon flash, une cible phosphorescente grâce à une poudre de couleur (invention signée Laporte), le ball-trap pourrait séduire de nouveaux adeptes à l'occasion des JO. Il fallait donc prévoir une augmentation des capacités de production pour passer d'environ d'un million de pigeons d'argile par jour aujourd'hui à 1,7 million en 2016. Deux sites sont mobilisés, Bottesford en Angleterre et surtout Formerie dans l'Oise où est concentrée la production de cibles en France après la fermeture du site de Sermaize-les-Bains dans la Marne. « Nous avons choisi de regrouper la production sur une seule unité en France, en misant sur l'automatisation des process. Les locaux ont été agrandis car nous avons pu récupérer un terrain de sept hectares qui jouxtait notre site, et nous avons investi 500 K? dans les nouveaux aménagements », précise Jean-Michel Laporte. La production de lanceurs reste, quant à elle, la vocation de l'usine de Biot. Mais là aussi les locaux (4.500 m²) commencent à devenir exigus. Il a donc fallu envisager de développer la sous-traitance de la fabrication de certaines pièces dans le Var, à Six Fours, depuis janvier 2015. L'assemblage est réalisé par les équipes de Biot ainsi que le contrôle qualité, chaque lanceur étant testé avant son expédition au client final. « La qualité est notre marque de fabrique. Nous ne voulons prendre aucun risque », insiste le P-dg. Une grande partie de la production est aujourd'hui exportée. L'entreprise réalise 80 % de son chiffre d'affaires, qui s'est établi en 2014 à 15 M?, dans quelque 80 pays.




Miser sur l'innovation

Depuis la création en 1927 de la PME par Émile Laporte - grand-père de Jean-Michel -, qui a révolutionné le ball-trap en mettant au point le premier lanceur à main, l'innovation fait partie du code génétique de l'entreprise. Un bureau d'études de trois personnes en interne planche sur les nouveaux produits, des travaux pilotés par Jean-Michel Laporte en personne. Parmi les dernières nouveautés mises au point figure un lanceur, beaucoup plus rapide, le 185 Talb 12 colonnes, modèle Rio. Proposer de nouveaux produits permet ainsi à Laporte d'inciter ses clients, les clubs, à accélérer le renouvellement d'équipements qui ont une durée de vie proche des 20 ans. Une nouvelle activité est aussi en train de se développer autour de l'archerie. Laporte a conçu des équipements qui pourront être déclinés tant pour le grand public que pour les professionnels, avec des cibles mobiles comme pour le tir. Les premiers tests ont été réalisés avec succès aux États-Unis dans le cadre d'un partenariat avec les associations de Boys Scouts. « Cette activité démarre à peine, elle ne représente que 5 % de nos facturations. L'objectif d'ici à trois ans est d'atteindre les 20 % de chiffre d'affaires », indique le dirigeant. La fabrication des lanceurs pour l'archerie a également été en partie sous-traitée dans le Var.




Entrée dans le numérique

La mobilisation des réseaux sociaux comme fer de lance de la stratégie marketing est une autre piste de développement sur laquelle mise Laporte pour accélérer la croissance de l'entreprise. La PME, en partenariat avec une start-up de Sophia Antipolis, Beepeers, spécialiste des communautés sur mobile, a ainsi lancé en février 2015, WHESHOOT, « le premier réseau social dédié aux sports de tir ». L'application permet de partager infos, photos, vidéos, services et surtout de fédérer tous les pratiquants du tir pour créer du lien. « Nous avons déjà plus de 4.000 membres actifs », précise, satisfait, Jean-Michel Laporte pour qui cette application, véritable passerelle entre le passé et l'avenir, devrait permettre à Laporte d'entrer de plain-pied dans l'univers du numérique.



Christiane Navas

Laporte



(Biot) Dirigeant : J.-M. Laporte CA 2014 (consolidé) : 15 millions d'euros 100 personnes Tél. : 04 93 65 77 77 @email