Jean-Claude Brucher, président du Club d'affaires franco-allemand Rennes - Bretagne qui a reçu le mois dernier les 17e rencontres des 20 clubs Cafa (2.500 membres) à Rennes.
L'Allemagne représente-t-elle un partenaire de poids pour la Bretagne ? La région accueille beaucoup de touristes allemands, mais c'est aussi une terre d'échanges économiques accueillant 75 entreprises à capitaux allemands, soit 3.000 salariés. L'Allemagne est le 2e investisseur étranger en Bretagne, derrière les États-Unis et devant le Royaume-Uni. C'est notre premier partenaire pour les exportations (1.288 M?, 12%) devant l'Espagne (931 M?, 9,2%), mais aussi pour les importations (1.532 M?, 14,4%) devant la Chine (930 M?, 8,7%), selon une étude 2015 de Bretagne Commerce International (BCI) et CCI Bretagne. L'industrie allemande est incontournable dans l'agroalimentaire, pour les équipements, l'outillage... Les PME bretonnes ont aussi envie d'aller en Allemagne.
Quels conseils leur donneriez-vous ? Même par les temps qui courent, il y a des affaires à faire ! Des relations économiques franco-allemandes ne doivent pas se construire sur un « one shot » ni sur du court terme. Il ne faut pas avoir peur d'y aller, cela vaut absolument le coup. L'Allemagne travaille beaucoup par clusters. Il faut davantage penser « partenariats », attaquer ce marché ensemble avec un partenaire allemand et une capacité d'innovation, de R&D... Le mot « sous-traitant » n'existe pas en Allemagne.
Y a-t-il des « sujets économiques » communs ?
La cybersécurité, par exemple, touche toutes les entreprises. Il s'agit d'un sujet commun transfrontalier, qui va croissant. Dans l'usine du futur, il y aura toujours une « couche cyber ». C'est aussi un gros challenge en Allemagne. Dans le domaine de l'énergie, la Bretagne a, par ailleurs, une longueur d'avance sur le sujet du stockage et des smartgrids. Des entreprises peuvent être intéressées... En 2017, nous organiserons des rendez-vous d'affaires BtoB et nous avons l'ambition de faire venir des entreprises allemandes spécialisées.
Propos recueillis par G.B