Votre marché a-t-il été touché par la crise?
Notre CA est passé de 92M€ en 2008 à 73M€ cette année. En fait, nous n'avons pas été touchés directement. Nous avons eu à gérer plusieurs faillites de nos fournisseurs, ce qui a engendré une forte tension sur notre cycle d'approvisionnement. Un exemple: la société Asteel juste à côté de chez nous, qui nous fournissait des pièces plastiques, a fermé en novembre. Or les pièces plastiques que cette entreprise nous fournissait sont très importantes pour nous. Elles rentrent dans la composition de terminaux de télécommunication sécurisés fabriqués par EADS (75% de nos ventes!), et vendus à l'État pour ses services de sécurité.
Comment avez-vous fait face aux difficultés de vos fournisseurs?
Au lieu de canaliser notre énergie sur le développement commercial, nous avons dû la déployer sur le transfert de notre outillage vers d'autres fournisseurs. Tout en choisissant le bon moment pour le faire. Nous avons souhaité rester solidaires jusqu'au bout. Toute entreprise connaît des difficultés à un moment ou un autre. Au total, trois de nos importants fournisseurs ont, cette année, vécu une liquidation ou une reprise.
Votre activité est-elle restée stable?
On se situe essentiellement sur un marché de biens d'équipement pour EADS, dont les commandes sont passées très longtemps à l'avance. De ce côté-là, pas de souci. Mais nous venons de perdre un client, Aastra, groupe européen fabriquant des centraux téléphoniques, qui représentait 20% de notre activité. Cette perte va être progressive, mais ce qui est sûr c'est qu'Aastra a choisi un autre fournisseur. On aura peut-être du mal en 2010 à trouver un remplaçant dans le même secteur, car les industries de ce type, dans le contexte de crise mondiale, se tournent plutôt vers des zones de production low cost...
Quels sont vos axes de développement pour 2010?
En 2009, on a commencé à travailler en collaboration avec deux start-up qui ont besoin de s'adosser à un industriel solide pour développer des produits très innovants, en lien avec les réseaux GSM. Pour l'instant nous faisons face à divers problèmes techniques et cette activité nouvelle ne génère pas de chiffre d'affaires. En 2010, nous devrions surtout continuer de développer notre activité de service après-vente, lancée en 2009. Il s'agit d'un service de réparation de téléphones mobiles, type smart phone. C'est une activité en croissance, qui devrait générer 5M€ de CA. Sur cette activité de SAV, nous avons embauché, en 2009, cinq CDI et dix CDD, et nous devrions encore augmenter l'effectif en 2010. Par contre, on n'investira pas ou très peu.
En 2008, LC & I (Douarnenez, 206 salariés), était le champion du secteur biens d'équipements. Cette année, malgré les difficultés de ses fournisseurs et la perte d'un important client, l'entreprise enregistre tout de même 1,5M€ de résultat.