Entre 2012 et 2021, l’activité économique a représenté 28 % de la consommation d’espace dans le Grand Est, selon une étude récente de l’Insee et de la Dreal Grand Est. Sur la décennie, environ 4 000 hectares d’espaces naturels, agricoles ou forestiers ont été transformés pour accueillir industries, commerces et infrastructures, un taux supérieur à la moyenne nationale de 23 % et seulement devancé par les Hauts-de-France (34 %) et l’Île-de-France (44 %).
L’industrie en tête
L’étude détaille la répartition sectorielle : l’industrie concentre 32 % de cette consommation, suivie des bureaux et services publics (28 %), du commerce (20 %), des transports et entreposages (9 %) et de la construction (8 %). Cette progression s’inscrit dans un contexte de forte vigilance, la loi Climat et Résilience de 2021 imposant une réduction de moitié du rythme de consommation d’espace d’ici 2031.
Malgré cette part relativement élevée dédiée à l’activité économique, le Grand Est figure parmi les régions métropolitaines dont l’expansion de l’espace urbanisé a été la plus modérée, avec une hausse de seulement 4 % en dix ans, derrière l’Île-de-France mais devant la plupart des autres territoires. Selon l’Insee, cette tendance reflète une urbanisation concentrée autour des principaux pôles économiques et une dynamique territoriale marquée par la préservation des espaces agricoles et forestiers.
Les friches, stars montantes de la région
Face à cette pression foncière, la réhabilitation des friches industrielles émerge comme une solution privilégiée pour limiter l’étalement urbain tout en soutenant l’activité économique. Plusieurs projets emblématiques illustrent cette dynamique dans la région.
Ainsi, dans le Bas-Rhin, l’écoparc rhénan à Reichstett/Vendenheim, une ancienne raffinerie reconvertie en parc d’activités, accueille désormais 43 entreprises et devrait générer environ 1 500 emplois. La dépollution et le démantèlement ont été réalisés en collaboration avec l’État, les collectivités et des spécialistes privés.
Autre exemple : la friche Bel Air à Metzeral (Haut-Rhin). Moins de quinze ans après la fermeture de l’usine textile, ce site est devenu une zone d’activités accueillant une vingtaine d’entreprises, offrant ainsi une nouvelle dynamique économique à la vallée de Munster.