Dans quelques jours, quelques semaines tout au plus, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Midi-Pyrénées devrait autoriser le rapprochement entre cinq laboratoires d'analyses médicales et CBM, confortant ce dernier dans sa position de premier laboratoire de la région, avec des implantations à Muret, Saint-Lys, Toulouse, Tournefeuille, Labarthe-sur-Lèze, Portet-sur-Garonne et dans une autre commune du Muretain qui n'est pas connue pour l'instant. Avec bientôt 16M€ de chiffre d'affaires et 150salariés, CBM figurera aussi parmi les trente plus gros acteurs français d'un secteur en pleine mutation. En cause, un rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) qui en 2006, a pointé du doigt un niveau de qualité insuffisant dans certains laboratoires français de biologie médicale à faible activité. Aussi le gouvernement a-t-il entrepris de réformer cette discipline régie par les mêmes règles depuis 1975, avec pour objectif annoncé de « préparer l'avenir ».
Un chiffre d'affaires de 20M€visé à l'horizon 2013
Les lignes directrices de cette réforme figurent dans le rapport Ballereau, du nom du conseiller général des établissements de santé qui l'a remis en 2008 à la ministre Roselyne Bachelot. «Il a totalement bouleversé notre exercice», estime Patrick Bellon, associé du Laboratoire CBM. Le biologiste ne cache pas son désaccord avec la réforme en marche qui, selon lui, « ne sert ni l'intérêt des biologistes à long terme, ni celui des patients ni celui de l'État », mais plutôt que de la subir, il a décidé, avec ses associés, de l'anticiper. Le gouvernement préconise de diviser par quatre le nombre de laboratoires en France. Qu'à cela ne tienne, CBM est engagé dans un processus de croissance externe qui, outre les cinq rachats en cours, doit lui permettre d'atteindre les 20 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2013. Pour financer un tel projet, le laboratoire a décidé d'ouvrir son capital à un investisseur financier, ainsi que le permet désormais la réglementation. Depuis juin dernier, iXO Private Equity est donc actionnaire du Laboratoire CBM à hauteur de 25 % (cf. interview ci-dessous). « Alain et Jean-Paul Guerre (deux des six associés de CBM, ndlr) désirant partir à la retraite, nous devions nécessairement réorganiser l'actionnariat, détaille Patrick Bellon. Deux possibilités s'offraient à nous: racheter les parts de nos deux associés en sachant que notre dette serait un handicap pour la croissance externe, ou faire appel à un partenaire financier pour reclasser une partie des titres et nous apporter son expertise dans nos projets. »
La norme ISO15189 à anticiper
Par « projets », Patrick Bellon entend évidemment croissance externe, mais pas seulement. Car ce que recherche aussi l'État, c'est une diminution des dépenses de santé. Pour ce qui concerne les analyses médicales, les économies à réaliser s'élèvent à « environ 100 M€ net, sur trois années consécutives ». Et pour cela, il compte notamment sur une réorganisation du fonctionnement des laboratoires, autour de deux maillons essentiels : les centres de prélèvement et le plateau technique, où sont réalisés un nombre croissant d'analyses, exigeant du matériel de pointe et donc des investissements importants. « Notre atout est de disposer déjà d'un tel plateau technique sur Muret, que l'on pourra restructurer pour faire face à la hausse prévisible du nombre de dossiers patients traités (de 1.000 à 2.000 par jour d'ici à 2013, ndlr). Le coût de cette réorganisation sera de l'ordre d'1 M€, contre au moins 3 M€ si nous devions en créer un ex nihilo. » La réforme de la biologie médicale marque aussi le passage d'un système de « normes » réglementaires à respecter à un système d'accréditation, synonyme d'une obligation de résultats pour les professionnels. Confiée au Cofrac (Comité français d'accréditation), l'accréditation selon la norme européenne ISO15189 deviendra, à terme, obligatoire pour tous les laboratoires d'analyses médicales et ce sur la totalité des examens. Une période transitoire a toutefois été prévue : trois ans pour s'engager dans la démarche, six ans pour obtenir l'accréditation. « Chez nous, trois qualiticiens travaillent aujourd'hui à la mise en place du référentiel mais le bouleversement du fonctionnement de notre laboratoire risque de changer la donne », prédit Patrick Bellon.
Laboratoire CBM
(Muret) Dirigeants :Patrick Bellon, Jean Bonfils, Florence Bonfils Bierer et Claude Rochet 100 salariés CA2009-2010 : 10,4 M€ Tél.: 05 61 51 96 30 www.laboratoire-cbm.com