Première étape incontournable: recenser et évaluer les risques encourus par les salariés au travail puis, éventuellement, les consigner dans le «document unique». «D'expérience, cette étape est d'autant plus fructueuse qu'elle passe par une démarche participative donnant la possibilité aux salariés de s'exprimer sur leur environnement de travail. C'est le moyen de transformer une obligation légale en outil de management utile et vivant», rapporte Magali Géry, créatrice et gérante d'Acta Qualité, société de formation, de conseil et d'audit, spécialisée dans la prévention des risques professionnels, basée en région lyonnaise.
Définir les priorités
La seconde étape consiste à définir des actions prioritaires pour éviter les risques évalués. «Ces actions doivent être affectées en termes de ressources et de moyens», recommande Magali Géry. Elles se déclinent sous des formes multiples: organisation du travail et des responsabilités, formation, information, sensibilisation des salariés, investissement en équipements de sécurité... «Face à la concurrence, notamment dans notre secteur d'activité, il peut être tentant de faire des économies sur la sécurité mais les coûts humains et financiers sont trop importants. Dans notre entreprise, nous avons fait le choix de la prévention par l'accueil, l'information et l'investissement en matériel... À titre d'exemple, 100% de nos salariés, y compris le personnel de bureau et les intérimaires, reçoivent un guide d'accueil sécurité recensant les risques et les bonnes pratiques pour les éviter. La signature de ce livret représente un engagement de chacun en faveur de la sécurité», témoigne Olivier de la Chevasnerie, dirigeant de Sygmatel, une PME spécialisée dans les métiers de l'électricité générale.. Pour être efficace, la démarche de prévention doit être portée par le management et, en tout premier lieu, par le chef d'entreprise qui a un devoir d'exemplarité en matière de sécurité. «Le dirigeant doit bien faire comprendre que la sécurité, ce n'est pas négociable dans son entreprise», indique Magali Géry. «Nos réunions de cadres consacrent toujours un moment à la sécurité. Nous avons besoin que les niveaux intermédiaires relaient efficacement notre démarche de prévention. Celle-ci comprend des aspects incitatifs mais nous faisons également preuve de sévérité en ne tolérant aucun manquement aux consignes de sécurité», confirme Olivier de la Chevasnerie.
S'inscrire dans la durée
Enfin, une démarche de prévention doit s'inscrire dans la durée. «Il y a deux ou trois ans, en lien avec la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail, nous avons défini un plan de prévention. Cette démarche a initié une dynamique en termes de formation des salariés et d'investissement en matériel. Suite à ce plan, nous avons constaté une diminution de notre taux d'accident mais les résultats restent fragiles. Les actions de prévention sont toujours à renouveler. Cela ne peut pas être un "one shot"», témoigne Olivier Riom, dirigeant de Volutique, entreprise nantaise spécialisée dans les aménagements intérieurs.
Mettre en place une démarche de prévention permet d'assurer au mieux l'obligation générale de sécurité des salariés et de se protéger de risques financiers ou pénaux.