Fondée en 2011, la jeune entreprise Wipple s'est donnée pour mission de digitaliser les salles de réunion, afin de faciliter la collaboration et stimuler la créativité. Elle équipe ainsi ces espaces en écrans interactifs, visioconférences, logiciels adaptés, etc. D'abord distributrice de ce type de solutions pour la France, la start-up amorce aujourd'hui un virage en devenant cette fois conceptrice de ses propres solutions, qu'elle entend commercialiser à l'international, auprès de grands comptes.
Une fusion avec Neitiv
Pour mettre en oeuvre cette stratégie, Wipple a fusionné il y a quelques mois avec la start-up Neitiv, basée à Euratechnologies. Cette dernière est devenue une filiale à 100 % de Wipple, qu'elle a rejoint dans ses locaux de La Plaine Images. Aujourd'hui le groupe Wipple comporte donc deux sociétés : Wipple, qui continue à distribuer des solutions existantes et Kickle, qui vient de lancer un premier produit développé en interne et baptisé lui aussi Kickle. Il s'agit d'un petit boîtier à connecter sur un écran tactile de grande taille, afin de le transformer en écran de collaboration. Il devient alors possible d'utiliser cet écran de trois façons : pour de la visio conférence, comme un tableau blanc, mais aussi pour de l'affichage (sans fil) de l'écran d'un smartphone, d'une tablette ou d'un ordinateur. « Kickle permet à l'écran de se diviser en trois pour réaliser toutes ces fonctions en même temps », précise Matthieu Giorgini, co-fondateur de Kickle. Une version 1 de Kickle a été commercialisée l'année dernière, générant un chiffre d'affaires de 800.000 euros à fin 2016. « Pour 2017, nous visons un chiffre d'affaires allant d'1,2 million d'euros à 1,5 million pour Kickle. Pour le groupe, il devrait être de 6 millions d'euros », indique le dirigeant. Il précise ensuite : « Les deux sociétés sont rentables et Wipple permet, avec son activité de distribution, l'autofinancement de la conception de nos propres produits ». Un deuxième produit est d'ailleurs en cours de conception : « L'idée est de développer un outil qui permette de mesurer la créativité et l'efficacité de chacun en salle de réunion », explique le dirigeant. Ce produit engendrera la création d'une autre filiale : « Nous voulons une équipe dédiée à un produit uniquement. Cela fonctionne bien avec Kickle, c'est pourquoi nous voulons reproduire ce modèle avec le deuxième produit ». Ce dernier devrait être commercialisé en 2018 dans sa version définitive, après une version 1 lancée à la fin de cette année.
Devenir le Decathlon de la collaboration
Avec le lancement de ce premier produit conçu en interne, le groupe ne cache pas ses ambitions : « Nous voulons devenir le Decathlon de la collaboration. Decathlon est passé de distributeur à concepteur de solutions, avec le succès qu'on lui connaît. Nous voudrions créer la même histoire avec Wipple », explique Matthieu Giorgini. Il ajoute : « L'idéal, ce serait de réussir à créer avec nos produits des scénarios qui n'existent pas dans la vraie vie. Nous allons par exemple lancer une appli qui va permettre d'envoyer, lors d'une réunion de créativité, des post-it sur le tableau interactif, directement depuis son smartphone. L'intérêt c'est que des collaborateurs un peu timides n'osent pas forcément se lever pour aller mettre le post-it avec leur idée sur le tableau. Si on arrive à créer ce type de scénario, ça va marcher. » En attendant, la start-up vient de signer un contrat avec CTouch, pour intégrer la solution dans leurs écrans, en marque blanche. « Nos concurrents actuels sur Kickle sont des géants comme Microsoft, Cisco, Logitech, etc. », souligne le dirigeant. Pour se frayer un chemin sur ce marché et accélérer à la fois le développement produit et l'international, la direction prépare une levée de fonds. « Il y a deux scénarios possibles : soit nous levons uniquement des fonds pour Kickle et le montant sera dans ce cas d'un million d'euros. Soit nous levons pour le groupe une somme aux alentours de 5 millions d'euros. Nous commençons à rencontrer des fonds d'investissement sur le sujet. »