La start-up lilloise Piano Led accélère son développement à l’international. Installée à Euratechnologies, la jeune pousse fondée par Anthony Bitar développe un dispositif lumineux facilitant l’apprentissage du piano, sans solfège. Elle prépare son lancement commercial aux États-Unis, après avoir connu un net coup d’accélérateur en France ces dernières semaines.
En cause, son passage dans l’émission télévisée "Qui veut être mon associé ?", qui a fait office de tremplin. L’entreprise compte trois salariés et s’apprête à recruter, notamment sur des fonctions support client pour absorber la hausse d’activité, ainsi que sur des profils commerciaux et marketing.
Cap sur le marché américain
Forte de cette visibilité et de cinq années de commercialisation, Piano Led veut passer à la vitesse supérieure. Elle vise un déploiement rapide aux États-Unis, un marché jugé neuf fois plus important que la France et particulièrement réceptif, comme l’a montré un test concluant lors du CES de Las Vegas. "Nous étions venus au CES avec un petit stock pour tester le marché. Nous sommes repartis à vide, après avoir tout vendu, en grande majorité à des Américains", se réjouit Anthony Bitar.
"Le marché américain est très homogène et plus simple à adresser que l’Europe."
Les premières ventes outre-Atlantique doivent débuter dès le printemps, via un site Internet dédié, avant une structuration logistique locale d’ici fin 2026. "Le marché américain est très homogène et plus simple à adresser que l’Europe", souligne Anthony Bitar. L’objectif est clair : aller vite pour s’imposer sur un segment encore peu occupé. À ce jour, selon le dirigeant, aucune solution équivalente n’existe réellement à grande échelle.
Un produit ludique pour démocratiser le piano
Le produit développé par Piano Led se présente sous la forme d’une bande LED souple et adhésive, adaptable à tout type de piano numérique, couplée à un boîtier et une application mobile. Connecté directement au clavier, le dispositif reconnaît les notes jouées et guide l’utilisateur grâce à un système lumineux : les touches à jouer s’illuminent, avec un code couleur différenciant les mains.
L’application propose également un catalogue de morceaux, des indicateurs de progression et des outils pédagogiques. Objectif : apprendre le piano de manière ludique, sans passer par l’apprentissage classique du solfège. Commercialisé 199 euros, avec un abonnement optionnel à 9,90 euros par mois pour enrichir le catalogue, le produit cible aussi bien les enfants dès 5 ans que les adultes débutants ou les anciens pianistes souhaitant s’y remettre.
Une idée née d’un constat personnel
L’idée est née de l’expérience personnelle d’Anthony Bitar, confronté aux difficultés d’apprentissage du solfège durant ses années au conservatoire. Constatant un fort taux d’abandon dans son entourage, il imagine une solution plus intuitive, inspirée des vidéos pédagogiques disponibles en ligne, mais enrichie d’une interaction en temps réel.
Après plusieurs années de R & D autofinancée (environ 400 000 euros investis au total), Piano Led a déjà écoulé près de 9 000 unités dans une cinquantaine de pays. En 2025, la start-up a réalisé un chiffre d’affaires de 370 000 euros. Piano Led a atteint son point de rentabilité en 2026, grâce à la croissance de ses ventes et au développement d’une offre d’abonnement, lancée en octobre 2025 et générant des revenus récurrents.
Un effet levier puissant grâce à la télévision
L’émission "Qui veut être mon associé ?" a marqué un tournant. La start-up y a levé 100 000 euros, pour 10 % du capital, auprès de l’entrepreneur et investisseur Éric Larchevêque, qui apportera également son accompagnement stratégique. "Au-delà du financement, c’est surtout son expérience dans le hardware et l’international qui nous intéresse", souligne Anthony Bitar, qui demeure l’actionnaire majoritaire.
"Après le passage dans "Qui veut être mon associé ?", nous avons réalisé en l’espace d’une semaine l’équivalent du chiffre d’affaires de l’année dernière."
La diffusion de l’émission a généré un pic de ventes spectaculaire. "Nous avons réalisé en l’espace d’une semaine l’équivalent du chiffre d’affaires de l’année dernière", souligne le dirigeant. Et elle continue de produire ses effets, avec une activité qui reste actuellement multipliée par quatre à cinq par rapport au rythme constaté il y a un an, sur la même période.
Un financement pour industrialiser
Pour soutenir cette ambition, Piano Led souhaite compléter sa levée de fonds par un financement de 300 000 euros en dette, auprès de banques et de Bpifrance. L’objectif : développer un nouveau prototype plus industrialisable, afin de réduire les coûts de production. Anthony Bitar envisage également, à terme, un tour de table plus important afin d’accompagner la montée en puissance de l’entreprise, notamment à l’international.
Car si la solution est assemblée en France, en Lorraine, l’enjeu est désormais de passer à l’échelle, en s’appuyant sur un chantier d’insertion. Dans un contexte où la start-up se positionne comme pionnière sur son marché, Anthony Bitar veut capitaliser sur cette avance avant l’arrivée éventuelle de concurrents. Cet ingénieur, diplômé des Mines de Douai, met en avant des brevets déposés et des barrières à l’entrée, liées "aux nombreuses itérations qui ont été nécessaires pour aboutir au produit actuel, tant sur le plan technique que pédagogique". L’entreprise vise désormais un chiffre d’affaires d’environ 1,5 million d’euros sur l’année 2026, dont 10 % aux États-Unis.