Contre la pollution, les embouteillages et la sédentarité, Human-Mob a conçu des bus à pédales de 9 places, appelés les Waylibus. Installée à Rouen, la start-up prépare une levée de fonds de 2,5 millions d'euros pour industrialiser sa solution de mobilité durable. Elle vise la mise sur le marché de 150 véhicules d'ici à 2027.
Trois années de R&D pour concevoir leurs véhicules industriels
L'aventure Human-Mob a démarré en 2022 à la suite d'un appel à manifestation d'intérêt de l'Ademe, pour faire émerger un réseau d'entreprises low-tech en Normandie. S'en sont suivies trois années de R&D pour les trois premiers associés, Amaury Piquiot, Guillaume Yrondelle, Morgan Dauguet. Ils ont depuis été rejoints par Christophe Vergneault, PDG de Technomap, entreprise spécialisée dans l'électrification des véhicules, à Martin-Église, près de Dieppe. Ensemble, les quatre associés travaillent à la conception de vélo-bus pour le transport de passagers, ainsi qu'à des véhicules de transport de marchandises pour les professionnels de la logistique.
Un transport décarboné pour le grand public et les entreprises
Les Waylibus sont des vélo-bus à assistance électrique de neuf places (conducteur inclus). Lorsque les passagers pédalent, l'énergie est stockée dans la batterie, le conducteur étant le seul responsable de la propulsion de la machine.
A Rouen, les Waylibus ont obtenu l'autorisation de la Métropole pour rouler sur les pistes cyclables ou sur la voirie lors de leur mise en service. D'autre part, le Waylipro est un véhicule décarboné pour les entreprises de logistique.
Human Mob choisit l'écosystème low-tech normand
Propriétaires à 100% de leur start-up, les quatre associés s'apprêtent à ouvrir leur capital à de nouveaux actionnaires. La levée de fonds de 2,5 millions d'euros qu'ils viennent de démarrer leur permettra de finaliser des prototypes et de commencer une pré-série industrielle, dont le coût global de production est chiffré à 8 millions d'euros.
"L'objectif est de mettre 150 véhicules en service entre 2026 et 2027", précise Morgan Dauguet, l'un des associés. Pour relever ce défi de l'industrialisation, la start-up s'appuie sur les synergies de l'écosystème normand low-tech. Human Mob a fait le choix de fabriquer intégralement ses véhicules en Normandie, avec des batteries 100% françaises.
La rentabilité espérée en 2028
"En 2027, notre équipe pourrait passer de 4 à une dizaine de personnes, et induire une cinquantaine d'emplois, en prenant en compte la fabrication et l'exploitation de nos véhicules", souligne Morgan Dauguet. La start-up échange déjà avec des sociétés d'exploitation, intéressées pour faire circuler les véhicules. Human Mob a cependant besoin de l'homologation de l'Union européenne pour mettre en circulation les Waylibus. Le processus, en cours, devrait aboutir d'ici un an et demi.
En cas d'échec, la start-up a obtenu du Ministère des Transports l'assurance d'un protocole expérimental pour la France. "Une bonne nouvelle", confie Morgan Dauguet. Human Mob espère atteindre la rentabilité en 2028 et pouvoir étendre leur service de mobilité douce à la France, mais aussi aux pays européens.