Le passage d’une idée à un design, puis au concret de la fabrication grandeur nature, est toujours exaltant pour une équipe d’ingénieurs. C’est l’effervescence actuelle qui s’empare de Farwind Energy. Fondé depuis 2020, le spin-off de l’École Centrale de Nantes développe un rotor Flettner, soit un immense cylindre au sein duquel le vent s’engouffre afin de produire une force de propulsion sur un navire. Le premier modèle de 30 mètres de haut, qui tourne à une vitesse de 100 tours par minute, sera testé à terre, sur la côte vendéenne, à l’automne prochain. Puis les premiers rotors seront ensuite déployés en mer à l’été 2027.
Pour y parvenir, la start-up met actuellement en place son procédé de fabrication. Ses rotors seront produits à Bouguenais près de Nantes, par la PME industrielle Loiretech (140 collaborateurs). "Ils ont une bonne expérience dans l’utilisation de matériaux composites. Une ligne pilote sera testée dès cette année", appuie Félix Gorintin, directeur des opérations de Farwind. L’ambition est de produire une quinzaine de voiles dès 2027.
De nouveaux locaux plus grands
Avec aujourd’hui 23 personnes à bord, l’entreprise vient de quitter son port d’attache que constituait l’Ecole Centrale. "Le fait d’y résider a constitué pour nous un tremplin. Aujourd’hui, nous avons besoin d’évoluer et eux aussi", note Félix Gorintin. L’entreprise vient d’investir de nouveaux locaux de 720 m², près de la gare de Nantes. "C’est une année exceptionnelle pour nous de passer au concret de la fabrication. Nous avons plusieurs embauches de prévues dans les mois à venir", ajoute Félix Gorintin.
Deux modèles en phase de production
Les rotors de Farwind serviront à équiper des navires, et permettront à Farwind de profiter de l’émergence du secteur vélique dans son ensemble. "Aujourd’hui, le marché existe et double de taille chaque année", appuie Félix Gorintin. Farwind ambitionne de produire commercialement deux modèles. "L’un de 30 mètres et l’autre de 50 mètres de haut. Ils possèdent respectivement une puissance 1 et 4 mégawatts", détaille Félix Gorintin.
Malgré sa moindre efficacité, le plus petit modèle a aussi des avantages en fonction des caractéristiques du bateau, afin par exemple de gagner en stabilité à bord ou pour passer sous certains ponts.
Vers la production d’énergie en 2030
En parallèle de ce premier marché, Farwind Energy en vise un second à plus long terme : la production d’énergie. Celle-ci se ferait à bord de navires conçus entièrement dans cet objectif. Des sortes de navires-éoliennes capables de capter les vents et produire de l’énergie à bord. Pour ce projet, Farwind participe au programme Maghic 2, soutenu par le programme européen INTERREG Caraïbes. "Nous avons une antenne en Guadeloupe. Dans cette zone, les vents sont stables toute l’année", ajoute le directeur des opérations. Ces navires, qui devraient voir le voir (jour) vers 2030, coûteront environ 20 millions d’euros l’unité. Le coût, c’est d’ailleurs souvent un des obstacles dans le passage d’un design à la fabrication. Mais Farwind, qui est en train de mener une opération financière au montant gardé confidentiel, semble savoir le surmonter.