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La Sodopac est en procédure de sauvegarde
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La Sodopac est en procédure de sauvegarde

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La Sodopac, PME périgourdine qui fabrique des chaussons, notamment connus sous sa marque Airplum, est en procédure de sauvegarde depuis fin janvier. L’un de ses trois repreneurs, Frédéric Guiral de Haas, revient sur la situation, les raisons qui ont poussé l’entreprise à passer par la case judiciaire et les conséquences attendues de cette procédure.

La société Sodopac compte 50 salariés. — Photo : Romain Béteille

La PME périgourdine Sodopac, fabricant des chaussons de la marque Airplum, est entrée fin janvier en procédure de sauvegarde, prononcée par le tribunal de commerce de Périgueux. Labellisée en 2025 Entreprise du patrimoine vivant, cette PME d’une cinquantaine de salariés reprise en 2023 par trois investisseurs spécialisés dans l’export, a fait la demande de cette procédure après être entrée en conciliation (visiblement sans succès) l’an dernier.

Passif financier

Le nœud du problème se situe dans la dette récupérée par les repreneurs. "Nous avons une dette financière qui est trop importante pour la structure actuelle de la société", explique Frédéric Guiral de Haas, copropriétaire. "Nous avons a perdu pas mal de volume depuis deux ans et demi en marque blanche sur notre plus gros client, la structure actuelle des ventes n’est donc pas du tout en lien avec ce qu’elle était il y a trois ans quand nous avons repris l’entreprise".

Ainsi, la Sodopac s'est retrouvée à financer à court terme les dettes de long terme de la holding. Une situation à laquelle veulent visiblement mettre fin les dirigeants de la PME. "La procédure a l’avantage de geler les dettes bancaires. On peut les amortir sur dix ans et on peut même les renégocier avec l’administrateur", poursuit le dirigeant.

La croissance se poursuit

La démarche ne fait pas figure, à l’entendre, d’alerte rouge pour le fabricant de chaussons : elle lui évite même de licencier alors que son effectif est, comme son développement, à nouveau en trajectoire de croissance. "Nous ne sommes pas en cessation de paiements. On a du cash pour avancer sur toute l’année, on ne fera pas défaut à nos fournisseurs et à nos clients".

Mieux, la Sodopac poursuit son essor, très tourné vers l’export. Après avoir ouvert une boutique au Maroc, elle maintient ses efforts. "On est en discussion pour en ouvrir une deuxième au Maroc, on devrait être en Corée cet hiver et on discute pour le Canada, l’Angleterre, la Belgique et les Pays Bas", révèle Frédéric Guiral de Haas.

Un an de procédure

"C’était le bon moment pour faire ça, ça va nous permettre de sortir plus forts", poursuit-il en évoquant à nouveau la procédure de sauvegarde. La société, qui réalise aujourd’hui "environ 5 millions de chiffres d’affaires", se donne donc un peu d’air pour "générer du cash" et se débarrasser de cette dette "substantielle" (plusieurs millions d’euros).

Son calendrier judiciaire est déjà fixé. "Nous repassons au tribunal fin juin. La procédure de sauvegarde initiale est ouverte sur six mois renouvelables, on sait qu’on va la prolonger sur un an. On ressortira avec un plan à ce moment-là". Pas de quoi entamer les festivités : l’an prochain, la société, qui a encore quelques nouveautés dans les cartons - notamment un modèle avec une tige en cuir - célébrera ses 80 printemps.

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