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La société Eyco passe à l’échelle industrielle avec sa toute nouvelle usine
Bouches-du-Rhône # Électronique # Implantation

La société Eyco passe à l’échelle industrielle avec sa toute nouvelle usine

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La jeune société Eyco a récemment inauguré son site industriel de 3 700 m² à Trets dans les Bouches-du-Rhône, destiné à la fabrication de microcircuits pour les industriels de la microélectronique. Le projet entre dans le processus d’industrialisation du Plan "France Relance".

Eric Eymard, fondateur d’Eyco — Photo : D.R.

C’est dans la petite commune de Trets (Bouches-du-Rhône), sur la zone d’activité de La Burlière, que se dresse désormais la toute nouvelle usine de l’entreprise Eyco. Flambant neuf, les bâtiments de 3 700 m² abritent la production de ce qu’on appelle des smartcircuits, des microcircuits intelligents, souples et de toute petite taille, qui peuvent servir de capteurs, s’interfacer avec une puce et transmettre de l’information. "Nos produits ont pour vocation à être utilisés dans de nombreux domaines", confie en préambule Eric Eymard, le dirigeant d’Eyco, créée à la fin 2020 et, qui depuis quatre ans, travaille sur ce projet industriel aujourd’hui devenu réalité.

Nombreux débouchés pour les microcircuits

Les microcircuits peuvent être utilisés dans le domaine bancaire et se retrouver liés à différentes applications des cartes bancaires. Ils peuvent également trouver des applications dans le secteur médical, notamment dans des patchs transdermiques qui peuvent ainsi prévenir, mesurer et diagnostiquer de façon plus confortable pour le patient. Les produits de l’entreprise ont aussi des débouchés dans le monde des capteurs. "Nos microcircuits peuvent être soumis à différents éléments, comme l’eau ou le gaz, et émettre un courant électrique et donc déclencher un signal. Nous transformons une information physique en une information électrique", confie le dirigeant. L’ensemble des outils embarqués, comme les bracelets connectés, constituent un autre débouché pour la production d’Eyco.

Co-développement avec les clients

Mais l’entreprise ne propose pas des produits sur étagères. "Nous co-développons les produits avec nos clients et, ensuite, nous réalisons la production de masse. Les microcircuits que nous produisons ne nous appartiennent pas. Nous les rendons réalisables sur nos machines et nous apportons notre savoir-faire dans la transformation de matériaux", précise Eric Eymard. L’entreprise a en effet conçu et fait fabriquer les machines de photolithographie spécifiques utilisées dans le process.
Les projets peuvent ainsi s’étaler de quelques mois à plusieurs années. "Nous sommes d’ores et déjà en phase de recherche et développement pour des produits que nous ne fournirons qu’en 2027 ou 2029. Notre capacité de fabrication peut aller jusqu’à plusieurs centaines de millions de pièces", poursuit le dirigeant. La production effective de l’entreprise devrait débuter en fin d’année.

Déjà une cinquantaine de salariés

Dans cette démarche de codéveloppement, Eyco a choisi d’adopter ce qu’Eric Eymard appelle "un process d’innovation incrémental". "Nous nous efforçons en effet d’améliorer le produit au fur et à mesure, ce qui devrait faciliter l’introduction de nos microcircuits sur le marché. Nous créons des briques technologiques que nous améliorons sans cesse afin de constituer une palette de technologies qui vont nous permettre de répondre aux besoins variés de l’ensemble de nos clients".

L’entreprise compte aujourd’hui un peu moins de cinquante salariés, sur un site dimensionné pour pouvoir accueillir une centaine de personnes. Et envisage une forte croissance dès son démarrage pour atteindre un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros d’ici à cinq ans.

Un exemple de réindustrialisation

Pour Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, "Eyco prouve que la réindustrialisation de la France est une réalité". La "start-up industrielle", créée avec la volonté de participer au développement de technologies de pointe en France et en Europe, a notamment bénéficié dès sa création d’un financement de l’État dans le cadre du plan "France Relance".

16 millions d’euros levés l’an dernier

À l’heure actuelle, la concurrence de l’entreprise est principalement asiatique et le continent européen compte pour moins de 1 % de ce marché. Au début 2023, l’entreprise a donc réalisé une levée de fonds de 16 millions d’euros pour l’accompagner dans sa démarche de recherche et développement, notamment liée à la mise au point des machines et des procédés innovants utilisés dans l’usine.

"L’État nous a soutenus à hauteur de 20 % de l’investissement global […]. Tous ses services ont joué le jeu et nous ont permis de mener le projet en moins de 4 ans"

Le tour de table a non seulement réuni un groupe de partenaires privés experts de la filière de la microélectronique, qui suivent l’entreprise depuis sa création, mais également des investisseurs institutionnels, comme Région Sud Investissement, Caap création, filiale de capital-risque du Crédit Agricole et, surtout, Bpifrance au travers de son fonds SPI (Sociétés de projets industriels), qui a pour vocation d’intervenir de façon minoritaire, en fonds propres dans des sociétés portant des projets d’industrialisation. "Le soutien de Bpifrance, qui est intervenu pendant la période difficile du Covid, a été essentiel. L’État qui nous a soutenus à hauteur de 20 % de l’investissement global a été très réactif et, grâce à cette validation, nous avons pu accélérer. Tous les services de l’État ont joué le jeu et nous ont permis de mener le projet en moins de quatre ans ", commente Eric Eymard.

Prise en compte de l’environnement

Pour son recrutement, l’entreprise a mis en place un processus d’intégration original, comprenant une formation dispensée par l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) et l’entreprise.

Le recrutement et la formation des opérateurs employés par Eyco peuvent s’étaler sur près de neuf mois — Photo : D.R.

Afin de préserver l’environnement et de préserver la ressource en eau, l’entreprise a mis en place une station de recyclage des eaux industrielles qui, une fois débarrassées des déchets issus de la production, sont ensuite réinjectées dans le process.

Bouches-du-Rhône # Électronique # Implantation # Start-up # Made in France