«Nous ne sommes jamais préparés à un tel désastre. Gérer des crises sanitaires, des problèmes de production, oui. Mais un incendie de cette ampleur, ce qu'appellent les assureurs un "sinistre majeur", non. Ce qui nous a donné la force de repartir c'est qu'il n'y a pas eu de victimes. Nous ne nous voyions pas achever notre carrière comme ça. C'est aussi notre responsabilité vis-à-vis des 40 familles derrière l'entreprise. La nouvelle usine doit ouvrir le 4mars 2013. Notre challenge est de mener à bien cette reconstruction en moins d'un an.»
Usine à dix millions d'euros
«Depuis le 17septembre, les travaux de reconstruction ont commencé sur le site de Camagnon, en lieu et place de l'ancienne usine. Nous investissons dix millions d'euros dans cette nouvelle usine de 5.600m², soit 800m² de plus que la précédente. Les indemnités de l'assurance ne suffisent pas à payer ce que l'on reconstruit, car on prévoit de faire encore mieux. Malgré la conjoncture, nous sommes allés chercher de la dette supplémentaire pour obtenir un outil très opérationnel et performant. Afin d'éviter d'être écarté du marché dès la reprise.» «Ce nouveau projet est accompagné par un préventeur incendie de notre compagnie d'assurance, la MMA, dont l'agent local Laurent Bohec a été extrêmement efficace. L'usine comprendra des murs coupe-feu, des cellules coupe-feu en béton, des panneaux de froid garnis de laine de roche rupteurs de feu, des cloisonnements entre la partie stocks, produits finis et bureaux, une protection hydraulique, des détections incendies, une extinction au CO2 sur les friteuses... L'équipe de la MMA valide le chantier à chaque étape. Chantier qui devient pilote et pédagogique pour la compagnie d'assurance.»
Un think tank interne
«En interne, nous avons organisé des groupes de travail pour définir le nouveau projet. Une sorte de think tank avec nos collaborateurs. D'autant que nous étions déjà très engagés sur la lutte contre les troubles musculo-squelettiques. Nous réalisons des simulations de positionnement des convoyeurs dans la zone du Bois-Vert où nous sommes relogés dans un bâtiment de la mairie depuis fin juin.Au global, la production s'est arrêtée seulement deux mois et demi. J'ai réalisé cinq à six voyages en Europe avec certains collaborateurs pour acheter des machines d'occasion afin de relancer la production au plus vite. Le 25juin, nous redémarrions dans l'atelier, avec une capacité de 25 à 30% des volumes pour répondre à 85% de nos clients. Si nous avions disparu pendant un an, sans répondre aux besoins de nos clients, l'aventure se serait terminée. Nos clients seraient partis à la concurrence. Nous avons visé en priorité les produits spécifiques, qui nous donnent une particularité sur le marché: les beignets de plage, de forains, les bugnes et les beignets longs.Nous lancerons de nouveaux produits dès le second trimestre 2013».
Retrouver la croissance en 2014
«Avec la nouvelle usine, nous pourrons augmenter de 30 à 50% notre production sur certains produits. Nous avons fait le choix d'être plus productifs afin de gagner en rentabilité immédiate. Cette nouvelle génération d'usine doit nous rendre plus performants. Et nous faire rattraper notre retard. Nous étions sur une courbe ascendante, avec une croissance de+17% de notre chiffre d'affaires cette année, qui aurait dû s'établir à 6,5millions d'euros. Nous espérons revenir à de tels niveaux dès 2014. Nous nous engageons pour la pérennité de l'entreprise, en anticipant même une possible extension d'ici à cinq ans. Avec un doublement de la surface de production.Nous continuons de nous projeter dans l'avenir».
Gourmandises de Brocéliande
(Ploërmel) Président: François Schlienger Effectif: 43 personnes Chiffre d'affaires 2011: 5,9millions d'euros Tél.:
02 97 73 32 72.