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La Région Pays de la Loire veut renforcer ses partenariats économiques avec le Japon
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La Région Pays de la Loire veut renforcer ses partenariats économiques avec le Japon

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Avec 42 entreprises implantées et 3 700 emplois, le Japon occupe la neuvième place des investisseurs étrangers en Pays de la Loire. La venue de l’ambassadeur du Japon à Nantes a été l’occasion de renforcer les partenariats économiques entre l’archipel et la région. L’idée : attirer les investisseurs nippons et encourager l’export vers le Japon.

Journée Japon à la Région Pays de la Loire — Photo : David Pouilloux

Le Japon est un grand pays industriel, et, parmi les géants du Pays du soleil levant, un certain nombre a choisi de s’implanter en Pays de la Loire. La raison de ce choix d’investir ici ? Makita Shimokawa, ambassadeur du Japon, en visite à Nantes, en ce début septembre, n’en revenait pas lui-même, et en donnait une explication limpide. "J’ai été surpris par l’importance de la présence d’industriels en Pays de la Loire, et aussi par la diversité des secteurs économiques qu’elles couvrent : automobile, aéronautique, construction navale, santé, agroalimentaire… Cette variété est une force pour attirer les investissements japonais, tout comme la qualité de vie à Nantes, ville de taille moyenne, attractive et agréable pour les cadres et ingénieurs japonais."

La région attire les investissements japonais

Makita Shimokawa, ambassadeur du Japon en France, en visite à Nantes le 3 septembre — Photo : David Pouilloux

Le Japon, en région Pays de la Loire, c’est Toyota, Mitsubishi, Yaskawa, Astemo, Kawasaki Kisen Kaisha (K Line), Yanmar, Kubota… "Concernant les Pays de la Loire, la région figure parmi les cinq premières destinations pour les investissements japonais, souligne Makita Shimokawa. D’une manière générale, la France est devenue une destination privilégiée. Entre 2021 et 2023, 25 % des investissements japonais en Europe se sont dirigés vers la France, soit deux fois plus que vers l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Les mesures prises par le gouvernement – facilitation des installations, soutien de Business France, événements comme VivaTech – renforcent cette attractivité."

Un vivier de talents et des pôles de compétitivité

Madoka Hébert, chargé de mission international à Solution & co — Photo : David Pouilloux

"Nous comptons aujourd’hui 42 entreprises japonaises implantées en Pays de la Loire, dans des secteurs clés comme l’automobile, la robotique, l’agroalimentaire ou la mobilité, explique Madoka Hébert, chargée de mission internationale au sein de Solutions & Co, l'agence de développement économique de la Région Pays de la Loire. Si elles choisissent notre région, c’est parce qu’elles y trouvent un environnement attractif, en particulier un vivier de talents grâce aux grandes écoles et aux universités, un tissu de pôles de compétitivité déjà tournés vers l'innovation, et un cadre de vie qui facilite l’installation des collaborateurs et de leurs familles." L’ambassadeur ajoute : "Ce qui compte aujourd’hui, c’est aussi la stabilité de l’environnement social et la fluidité des relations avec les partenaires locaux. La France reste perçue comme un pays où les grèves sont fréquentes. Réduire cette incertitude renforcerait la confiance et la stabilité des opérations d’investissements".

Le Japon : neuvième investisseur étranger

"Le Japon est aujourd'hui le neuvième investisseur étranger en Pays de la Loire, précise Franck Louvrier, vice-président de la Région. Cela représente 3 700 emplois. La visite de l'ambassadeur du Japon est une nouvelle étape dans la consolidation de nos liens et elle témoigne de notre volonté commune de renforcer nos échanges économiques, scientifiques et culturels. Dans un contexte où l'innovation et la transition énergétique sont au cœur des enjeux, c'est d'autant plus important."

Gautier Hamel, Kverneland (Kubota), industriel japonais du secteur des machines agricoles — Photo : David Pouilloux

"Les Japonais sont très sensibles à ce genre d’échanges, estime Gautier Hamel, directeur administratif et financier de Kverneland Group, industriel du secteur des machines agricoles, filiale du groupe Japonais Kubota, basé à Osaka, et réalisant 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires. La relation de confiance, le respect des décisions et des objectifs fixés sont très importants pour eux. Sans ce climat de confiance, par exemple, notre entreprise n’aurait pas annoncé un investissement de 10 millions d’euros sur notre site en Vendée." Kverneland Group compte 100 salariés en Vendée et réalise 25 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70 % à l’export.

Vision à long terme et actionnaire résilient

Sébastien Nicolaux, directeur général NTN Transmissions Europe — Photo : David Pouilloux

NTN Transmissions Europe (1 000 salariés, dont 750 en Pays de la Loire, 200 millions d’euros de chiffre d’affaires) est une société nippone qui fabrique des transmissions pour le secteur automobile. En dépit des difficultés du secteur, la confiance de l’actionnaire reste ferme. "Nous venons d'engager un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui touche environ 20 % de nos effectifs, soit 150 postes, rapporte Sébastien Nicolaux, directeur général de l'entreprise. Heureusement, nous avons un actionnaire résilient, avec une vision de long terme. Le groupe NTN a investi 10 millions d’euros en juillet 2025 pour moderniser notre site français, près du Mans. Nous avons encore un plan d’investissement de 20 millions d’euros devant nous. La logique de notre actionnaire est claire : produire au plus près des clients, donc en Europe tant que l’automobile s’y maintiendra. Mais il faudra aussi que les politiques européennes se saisissent du problème : on ne peut pas lutter à armes égales contre le dumping massif de du secteur automobile chinoise, et de l'acier qui est notre matière première. Pour tenir, il faudra un soutien des pouvoirs publics : des subventions et aussi des règles qui défendent le contenu local dans les produits industriels vendus en Europe."

Un rôle économico-diplomatique

Richard Thiriet, élu à la Région, en charge des entreprises et de l’industrie, rappelle le rôle de la collectivité : "C’est évidemment notre rôle d’accompagner les entreprises à capitaux étrangers qui veulent investir dans notre région, via des prêts notamment. Le Japon est la troisième puissance industrielle mondiale, et c’est un partenaire privilégié pour nous. Plusieurs dossiers sont à l’étude actuellement. Dans le top dix des pays investisseurs dans notre région, huit sont européens, et les deux autres sont les États-Unis et le Japon. Dans la culture japonaise, on investit pour le long terme. Les dirigeants aiment rencontrer les élus des collectivités où ils s’implantent, le réseau local, les autres industriels japonais, et pas seulement leurs clients et fournisseurs. Nous avons donc un rôle économico-diplomatique avec eux qui créent de la confiance."

Pour l’export, un effort de promotion à faire

"Même si les entreprises présentes n'ont pas un lien direct avec notre activité, c'était une occasion rare de rencontrer des acteurs clés du territoire : élus, représentants des chambres consulaires, préfets, et d'autres chefs d'entreprise, confirme Shingo Kameyama, président de OceanicWing, une filiale française de Kawasaki Kisen Kaisha (K Line), l'un des géants mondiaux du transport maritime qui développe une aile automatisée inspirée du cerf-volant qui permet de réduire de 20 % les émissions de CO₂ des navires. Cela nous aide à mieux nous insérer dans l'écosystème local."

Shingo Kameyama est Président de OceanicWing, une filiale française de Kawasaki Kisen Kaisha (K LINE), une aile qui vise à diminuer la consommation de carburant pour les grands navires de commerce — Photo : David Pouilloux

Pour ce qui est de l’export, le mot d’ordre semble assez simple : se faire connaître. "Il y a un déficit de promotion et de marketing de nos entreprises ligériennes au Japon, explique Madoka Hébert, de Solutions & Co. Elles doivent apprendre à se faire connaître et à faire connaître leur savoir-faire. Les entreprises de notre territoire ont un gros potentiel pour réussir à exporter au Japon."

"Des organismes comme le JETRO (Japan External Trade Organization) mènent de nombreuses campagnes, rappelle Makita Shimokawa, ambassadeur du Japon en France. Ils peuvent jouer un rôle clé pour accompagner les entreprises françaises dans leurs démarches."

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